Un projet annoncé brutalement : « Nous attendions un dialogue, pas une fermeture »
Il y a quinze jours, lors d’une réunion organisée par l’inspection de circonscription, les élus et les parents ont appris qu’un projet de fermeture des deux écoles était désormais envisagé, les élèves devant être envoyés vers une école du secteur à Voutré.
Cette école pourrait absorber les effectifs, mais cela se traduirait par des classes plus chargées et une rupture pour les familles et les enfants.
La déception est forte : « Ce n’est pas acceptable. Nous ne laisserons pas fermer nos écoles », affirme Cécile Pinchot pour le Snudi-FO53.
Pressions budgétaires : des maires sommés d’accompagner les suppressions de postes
Pour le SNUDI-FO 53, la situation est révélatrice d’une politique nationale : l’État impose aux communes rurales les conséquences de ses restrictions budgétaires.
Les maires, déjà fragilisés par la baisse des dotations, devraient aujourd’hui accepter de s’associer à un gouvernement qui a déjà programmé 5000 fermetures de classes en 2025 et près de 2000 suppressions de postes pour 2026.
Le syndicat s’interroge : faut-il vraiment que les élus locaux deviennent les relais d’un gouvernement qui organise l’affaiblissement de l’école publique ?
Le SNUDI-FO 53 dénonce que depuis plusieurs mois, les IEN du département, missionnés par le DASEN, rencontrent les maires pour promouvoir les fusions, regroupements et fermetures d’écoles, invoquant une prétendue baisse démographique et une supposée plus-value pédagogique. Ces démarches se déroulent souvent sans réelle concertation avec les enseignants.
Pour eux, présenter les petites écoles rurales comme un problème est inacceptable. D’autant que, paradoxalement, l’enseignement hors-contrat met en avant les mêmes petits effectifs comme un atout pédagogique.
« La résistance s’impose » : défendre l’École publique laïque
Le syndicat rappelle que la Mayenne est un département rural où l’argument démographique ne tient pas : les effectifs sont pérennes, la qualité pédagogique des classes multi-niveaux est reconnue et les familles sont attachées à leurs écoles.
Pour le SNUDI-FO 53 : « La résistance s’impose : mettons en échec la casse de l’École publique. Plus nombreux nous serons, plus forts nous serons. »
Djéhanne Gani
