Les effets de la politique budgétaire
Une intersyndicale appelle à une grève nationale afin de protester contre les suppressions de postes d’enseignants et la politique budgétaire qui réduit les effectifs, bloque les salaires, fragilisant encore davantage un système éducatif déjà en difficulté.
Avec des effets visibles dans les établissements : augmentation du nombre d’élèves par classe, baisse des DHG, non-remplacement des personnels, diminution des formations proposées, inclusion difficile et maltraitante, manque général de moyens : « Nos revendications portent sur la concrétisation de l’austérité budgétaire sur l’école, ses élèves et ses personnels. Cela se traduit par des fermetures de classes et l’absence de revalorisation salariale pour les enseignants et les AESH. Les fermetures de classes n’allègent pas les effectifs, n’améliorent ni les conditions de travail ni les conditions d’apprentissage. À certains endroits, cela conduit même à des fermetures d’écoles. Dans les zones rurales, cela crée de véritables “zones blanches” scolaires » explique Aurélie Gagnier, la Secrétaire génarale du Snuipp-FSU.
« Abandonner la logique des suppressions d’emplois »
La journée de mobilisation du 31 mars s’inscrit dans un mouvement plus large engagé depuis plusieurs semaines dans de nombreux territoires contre les suppressions de postes : 1 891 dans le 1er degré 1 365 dans le Second degré publics. Aurélie Gagnier évoque une mobilisation importante, bien que contrastée selon les départements : « Nous attendons au moins 30 % de grévistes, avec des disparités entre les départements. Les 75, 78, 33, 25, 03, 67 et 11 annoncent une forte mobilisation, supérieure à 60 %, alors qu’à l’inverse, les départements 23, 64, 27 et 32 annoncent autour de 20 %, avec de nombreuses absences de retours.
Dans le second degré, la Secrétaire génarale du Snes-FSu Sophie Vénétitay souligne que cette journée de grève constitue l’aboutissement d’une mobilisation continue : « Cette journée est le débouché de plusieurs semaines d’action pour dénoncer l’insuffisance des moyens et l’argumentaire fallacieux du ministre sur la démographie. Depuis la fin janvier, il ne s’est pas passé une semaine sans action, que ce soit à l’échelle d’un établissement, d’un département ou d’une académie. C’est la preuve que la profession refuse cette nouvelle attaque contre le service public d’Éducation ».
Un avertissement pour 2027
Au-delà de cette journée de mobilisation, les syndicats entendent peser sur les orientations budgétaires à venir. « Ces mobilisations en continu montrent qu’il faut abandonner la logique des suppressions d’emplois. Nous envoyons aussi un message fort en vue du budget 2027 : il serait irresponsable qu’il ne comporte ni revalorisations salariales ni arrêt des suppressions de postes » alerte Sophie Vénétitay. Pour la Secrétaire générale de Cfdt, « cette dégradation du travail pèse sur tous les personnels », Laetitia Aresu l’illustre avec le cas des frais de déplacement qui ne peuvent plus être pris en charge, comme pour les Psy-EN, infirmiers, dénonçant « un travail empêché, qui perd son sens ». L’absence de moyens pénalise les élèves, dégrade les conditions d’apprentissage comme de travail des personnels. En souffrance, comme le rappellent toutes les enquêtes et nombreux témoignages. L’intersyndicale appelle à un investissement massif dans l’éducation et alerte : l’école est « à un point de bascule ».
Djéhanne Gani
