Beaucoup d’indignation et de colère à l’annonce il y a quelques jours des nombreuses fermetures de classe qui se profilent dans le 1er degré. Partout en France, enseignant·es et familles dénoncent des cartes scolaires en forme de « saignée historique » qui poussent la logique arithmétique à choisir l’exclusion.
On fait les comptes, on divise et on supprime
83 classes menacées dans les écoles de la Loire, 66 dans l’Eure, 48 dans la Somme, 54 dans les Deux-Sèvres, 34 fermetures dans le Puy-de-Dôme, 31 dans les Ardennes, 79 en Ille et vilaine, 25 dans la Haute-Vienne, 39 dans l’Yonne, 45 dans le Morbihan… A chaque fois pour un ratio d’ouvertures sans comparaison : 24 ouvertures pour 57 fermetures dans le Finistère, 16 pour 47 dans le Loiret, 16 pour 64 dans l’Indre-et-Loire !…
Partout, chiffres démographiques en main, le ministère de l’Education nationale applique une logique arithmétique d’économie budgétaire. On fait les comptes, on divise, et au nom d’une moyenne, dont la réalité sera loin des effectifs réels de très nombreuses classes, on supprime. Peu importe les fermetures de classes, les petites écoles de village menacées, la multiplication des multiniveaux et les classes surchargées, les chiffres sont les chiffres.
Et éventuellement on oublie une retenue ?
Et quand on compte, on est à une unité près. Alors quand il s’agit de comptabiliser des enfants issus de familles itinérantes, dont la présence pourrait être discontinue : que fait-on ? Pour celles et ceux qui fréquentent l’école élémentaire Emile Zola de Quimper, dans le département du Finistère, il semble que l’éducation nationale ait opté purement et simplement pour l’invisibilisation, ont constaté les parents d’élèves de l’établissement.
« Nous avons appris que les services de l’éducation nationale ont décidé de ne pas les intégrer dans les effectifs prévisionnels pour la rentrée prochaine. C’est pourtant une vingtaine d’élèves voyageurs qui fréquentent l’école à l’année », s’indigne l’association des parents d’élèves de l’école dans un courrier qu’elle a fait parvenir à la DASEN (directrice académique des services de l’éducation nationale) du Finistère et aux élues de la circonscription et de la ville. « Rayer ces enfants des effectifs est purement scandaleux et relève d’un caractère discriminatoire », poursuivent les signataires qui s’opposent à la fermeture d’une classe de leur école élémentaire.
En attendant les arbitrages définitifs, l’association des parents d’élèves apporte tout son soutien pour la grève du 31 mars à l’équipe pédagogique…
Claire Berest
