Nicolas, professeur d’histoire-géographie, militant syndical au lycée Saint Charles (Marseille) :
« Nous perdons 80 heures dans notre DGH et une classe. Nous avons fait une grève très largement suivie le 17 mai(plus de 80%), le 26 nous étions de nouveau en grève (plus de 50%). les grèves coûtent cher à la fin du mois (nous sommes aujourd’hui autour de 40/50 %) mais nous avons bon espoir de récupérer un certain nombre d’heures, preuve que l’administration est sensible au rapport de forces. Le mécontentement est général, les collègues ne sont pas prêts à se laisser faire. L’argument de la baisse démographique ne prend pas, Nous disons que c’est le bon moment pour donner de l’air aux établissements et d’améliorer les conditions d’étude et de travail et créer de nouveaux postes. »
Gwendal, lycéen au lycée du Rempart (Marseille) :
« Nous sommes très en colère depuis trois semaines nous luttons pour avoir des réponses. On commence vraiment à en avoir marre. Il faut vraiment se mobiliser de plus en plus avant les vacances. Nous allons perdre beaucoup d’heures, le dédoublement des classes va disparaître, des enseignement de spécialité vont être supprimés en première dans un premier temps, en terminale l’année suivante, ce qui appauvrit l’offre de formation. Pourquoi avons nous eu le droit de choisir nos options alors que les lycéens qui arrivent ne le pourraient plus ? »
« Nous sommes déçus par cette fermeture de grande section dans notre école maternelle. « Ils » ne tiennent pas comte des difficultés, de nos effectifs actuels, des élèves en intégration scolaire, des inclusions existantes. Nous aurons l’an prochain quatre grandes sections avec de nombreux élèves en situation de handicap et là cela devient pas possible pour nous et nos élèves. »
Valérie, professeure des écoles à Martigues en Maternelle ;
« Nous vivons à l’heure des fermetures de classe. Hier soir les parents et les enseignant.es de l’école Louise Michel étaient fortement mobilisés ensemble devant les locaux scolaires avec les élus de la Ville. Aujourd’hui la mobilisation est en retrait, certes, quelques écoles sont fermées à Martigues. Mais on y croit toujours contre Mistral et marées. Jeudi dernier nous étions 2000 dans la rue. »
Un professeur du lycée Thiers (Marseille) :
« Thiers ne perd pas vraiment d’heures cette année car nous avions déjà toutes nos secondes à 35, nous sommes présents par solidarité avec nos autres collègues et par principe. »
Julien, professeur au collège REP+ Massenet (Marseille) :
« La Mobilisation n’est pas folle aujourd’hui. Il y a eu un choix académique de concentrer les suppressions horaires sur les lycées, histoire de diviser un mouvement potentiel de colère. Dans les collège des Bouches-du-Rhône le rapport H/E (nombre d’heures d’enseignement rapportées au nombre d’élèves) reste constant bien qu’insuffisant. Jeudi dernier il y avait un peu plus de grévistes avec beaucoup de monde dans la rue. Plusieurs lycées étaient en grève majoritaire ou très significative à Marseille à Saint-Charles, Diderot, Rempart, la Cité Internationale Jacques Chirac… »
« Dans ma salle des professeurs je constate que nos collègues sont tout à fait conscients de la dégradation de nos conditions de travail et sont prêts à faire des sacrifices personnels. Mais compte tenu de nos défaites passées, ils ont du mal à se mobiliser collectivement. Mais ces « solutions » individuelles (qui n’en sont pas vraiment) ne permettent pas de défendre efficacement les services publics. L’idéologie néolibérale a gagné du terrain avec une montée de l’individualisme où chacun essaie de trouver ses réponse à son niveau. Les solidarités s’amenuisent, cela peut se comprendre car la lutte est rude car en face ils ne cèdent rien.
C’est quand même inquiétant quant à la conscience de l’utilité de l’outil syndical qui reste toujours essentiel. Dès qu’il y a une difficulté personnelle c’est bien vers le syndicat que l’on se retourne. »
Séverine, professeure de lettres au collège Malraux (Marseille) :
« Mon collège a une capacité d’accueil de 900 places, nous sommes à 950 depuis plusieurs années ce qui génèrent de grandes difficultés de gestion au quotidien. Le Conseil Départemental 13 a prévu la construction d’un nouveau collège pour fermer Mallarmé à la place, ce qui ne changera rien. Nous avons eu une forte mobilisation parents-enseignants cet hiver suite à des situations de violence dans l’établissement. On ne perd pas d’heures cette année mais on n’améliore pas le taux d’encadrement, les profs absents ne sont toujours peu remplacés, le poste d’un prof de français est toujours vacant depuis septembre.»
Alain Barlatier
