Comme point de départ, des questionnaires ont été proposés à des élèves de cycle 3, du CM1 à la 6e. Les données collectées et leur analyse révèlent d’abord un paradoxe saisissant : si les filles réussissent globalement aussi bien que les garçons jusqu’à un certain niveau, elles sont sous-représentées dans les scores d’excellence. Plus inquiétant encore, à niveau égal, les filles sous-évaluent systématiquement leurs compétences, preuve qu’elles intériorisent des stéréotypes qu’elles rejettent pourtant a priori. Les garçons, pendant ce temps, même moins compétents, affichent une confiance en eux à toute épreuve. Pourquoi ? Et que faire, concrètement, en classe, pour rétablir l’équilibre ?
Cette année, la semaine des maths était intitulée « égalités », le moment où jamais d’ouvrir les yeux et d’observer, en situation, les enfants filles et garçons. Je détaille dans l’article trois activités en particulier.
Quelle a été la réaction des enfants face aux graphiques de la DEPP et à l’analyse statistique de leurs réponses aux questionnaires ? Pourquoi une élève, pourtant excellente, est-elle venue me dire qu’elle avait réussi parce l’exercice était « facile », incapable de reconnaître la qualité de son travail et le fruit de ses compétences ? Pendant ce temps les garçons, eux, « se croivent trop forts » et admettent volontiers qu’ils « n’écoutent pas les filles ».
Autour d’un défi géométrique, pourquoi les filles ont-elles brillé en équipe par leur application et leur collaboration, tandis que les garçons se sont perdus dans la précipitation et la compétition. Comment ai-je finalement instauré dans ma classe, le temps d’un défi autour de Pythagore, un réseau de transmission mixte et solidaire pour opposer aux déséquilibres des stéréotypes un succès équitable et partagé ?
Enfin, comment continuer, au quotidien, à valoriser toutes les réussites qui portent les progrès de chacun ? Cela suppose de rester vigilant, lucide et critique, comme y invite notre article.
Sarah Leleu
