Dans une enquête, les 2/3 des professeurs du privé sous contrat se disent non reconnus, pres de 1 sur 2 envisage une reconversion. Plus de 8 professeurs sur 10 estiment devoir travailler en contradiction avec leurs valeurs. « L’école ne manque pas de grands discours surtout en période de rentrée », relève Véronique Cotrelle, secrétaire générale du Snec-FTC qui fait le diagnostic d’un état d’urgence de l’école lors de la conférence de presse de mardi 8 septembre 2026 dans leurs locaux de Pantin.
Le SNEC-CFTC, syndicat qui représente les enseignants de l’enseignement catholique mais aussi les AESH et les salariés des branches professionnelle et agricole de l’enseignement privé sous contrat, a tenu sa conférence de presse de rentrée.
Une rentrée « déconnectée du terrain »
Pour le SNEC-CFTC, les trois attentes prioritaires exprimées sur le terrain n’ont pas été évoquées par le ministre : la rémunération, les conditions de travail ni la reconnaissance des professeurs ont été passés sous silence dans le courrier envoyé aux professeurs. « L’école ne va pas bien, elle est sous respirateur artificiel », alerte Véronique Cotrelle, dénonçant chaque année la même « méthode Coué » consistant à affirmer que tout va bien.
Enquête : 1 enseignant sur deux envisage une reconversion
Une enquête sur les conditions de travail des enseignants du privé sous contrat, révèle une dégradation continue des conditions d’exercice. Pour plus de la moitié des 1 762 répondants, la charge de travail est excessive, les professeurs souffrent de l’empiètement de la vie professionnelle sur la vie personnelle, de la pression croissante liée aux relations avec les familles et aux réformes de programmes comme celle de la hierarchie. Un chiffre alarmant : seuls 18 % des enseignants interrogés estiment que leur travail est conforme à leurs valeurs, et la moitié dit envisager une reconversion professionnelle. Les 2/3 des répondants ne se sentent pas reconnus dans leur travail.
Un message d’alerte sur « les invisibles » de l’enseignement privé
Le vice-président du Snec-FTC Davy-Emmanuel Durand alerte sur la situation des 100 000 salariés de droit privé des établissements de l’enseignement privé sous contrat, des personnels « complètement invisibles entre les élèves, les familles et les enseignants ». Il pointe une reconnaissance humaine, managériale et salariale en recul depuis 2011, et dénonce des remontées de terrain que le syndicat reçoit désormais « sous forme de SOS ». 75 % de ces salariés sont des femmes, 68 % sont à temps partiel. L’enquête interne du syndicat compte « des remontées des dossiers sur toute la France » montre que 52 % subissent une pression hiérarchique, 47 % souffrent de troubles du sommeil et que 25 % voient leur vie personnelle impactée. Il évoque des indicateurs qui se sont fortement dégradés entre 2018 et 2023, une hausse des jours d’arrêt de travail, de licenciements pour inaptitude et des accidents du travail. Il précise que cette tendance se confirme en 2025. Le syndicat précise que sont concernés surtout les salariés des strates 1 et 2 — « les non-cadres et non-agents de maîtrise », sur les quatre que compte le système de classification. Il pointe un décrochage salarial de ces personnels par rapport aux agents publics, aux autres salariés et à l’inflation.

Djéhanne Gani
