« Ce ne sera pas magique et demain, on ne pourra pas dire le téléphone est interdit toute la journée dans tous les endroits des lycées de France »résume Bruno Bobkiewicz, secrétaire général du Snpden-Unsa. Il estime que l’évolution des règles doit passer par la concertation et la modification du règlement intérieur. Il souligne les difficultés liées aux usages numériques déjà développés dans les établissements.
Selon l’enquête menée par le syndicat, présentée en conférence de presse jeudi 10 septembre, les personnels de direction sont majoritairement favorables à une régulation du téléphone dans la vie quotidienne des établissements. « Ça ne veut pas dire tout le temps, partout et de façon complètement inapplicable », précise le syndicat.
Du temps pour modifier le règlement intérieur et pour la concertation
La modification du règlement intérieur constitue une première étape. « Un quart des collègues interrogés l’ont déjà réalisée, notamment dans des établissements qui avaient anticipé la question. D’autres considèrent que leur règlement intérieur encadre déjà suffisamment l’usage du téléphone et ne prévoient pas de modification ».
Le syndicat rappelle également que le téléphone est déjà interdit dans les salles de classe. Or, selon son estimation, un élève passe environ 90 % de son temps de présence dans l’établissement en classe. La nouvelle réglementation concerne donc principalement les temps passés en dehors des cours.
Des usages numériques qui compliquent l’interdiction totale
Le Snpden-Unsa se dit opposé à une interdiction du téléphone pendant la totalité du temps et dans tous les espaces de l’établissement. Il invoque notamment les difficultés de sécurité que pourrait entraîner la gestion collective des téléphones.
Le syndicat souligne aussi que les établissements utilisent eux-mêmes le téléphone comme support d’accès aux outils scolaires. Selon le syndicat 80 à 90 % des élèves se connectent chaque jour à Pronote. Notes, travail à effectuer, emploi du temps, salles ou changements d’organisation sont notamment consultés par ce biais.
Pour le syndicat, les établissements vont donc travailler à la régulation des usages, mais cette évolution doit se faire progressivement. Le Snpden estime qu’une interdiction totale et uniforme ne peut pas être appliquée immédiatement dans tous les établissements.
Djéhanne Gani
