Par François Jarraud
Tout commence par un défi. La professeure d’art plastique qui organisait d’habitude la Grande Lessive, a un empêchement. C’est la semaine qui vient, et rien n’est prévu. Pas d’exposition de dessins d’élèves cette année. Dommage. D’autant plus que nous, classe de troisième, ne serons plus là pour la prochaine lessive. C’est triste car c’est comme une tradition qui se perd. Normalement, une tradition perdue, cela ne devrait pas nous émouvoir des masses. Et, pourtant, à voir nos visages, on a tous l’air déçus. La Grande Lessive ne se limite pas aux frontières de la France, c’est un projet mondial. Et nous le collège fondateur de ce mouvement, on ne mettrait rien en place cette année ? Et puis soudain une idée : pourquoi ne pas l’organiser, nous ? Tout de suite, cela fait l’unanimité.
En effet, il était impossible pour nombre d’entre nous de laisser passer cette occasion, la création de la Grande Lessive était partie d’ici, de ce collège, nous allions l’honorer comme il se doit, et prouver à un maximum de personnes qu’avec de la bonne volonté, de l’entente et de l’amitié tout est possible. En moins de 15 minutes le projet est lancé. Il reste 6 jours avant la Lessive. Moins d’une semaine pour que la cour devienne une petite galerie d’art, un endroit de partage, de découverte et un moyen de rassembler un grand nombre de personnes par le dessin.
On se sent fiers. Fiers, d’avoir tenu notre engagement, d’avoir réussi en si peu de temps là où le professeur avait échoué, et puis, quand même, tout simplement, de l’avoir faite cette Grande Lessive ! Eh bien oui, on a quatorze ans, des devoirs, des activités, et pourtant on est tous là, à contempler notre travail achevé ! Certains parlent de » petits pas pour l’humanité, grand pas pour le collège » et, malgré le manque de réalisations, un grand nombre de personnes se sont investies dans ce projet, ce qui nous rend encore plus joyeux. Et, on regarde, amusés, l’expression des professeurs et de l’ensemble du corps éducatif, qui sont étonnés par notre performance… Ils pourraient être aussi étonnés et heureux par nos notes, cela ne les rendrait pas plus méchants…|
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