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Lors d’une nouvelle réunion du groupe de travail sur les directeurs d’école, le 24 novembre, le ministère a proposé de réserver 600 postes à l’amélioration des conditions de décharge des directeurs. Cette avancée ne changera pas la donne pour les 49 000 directeurs d’école. La question de la reconnaissance de la fonction de directeur reste entière alors que les syndicats sont divisés sur le statut des écoles et de leurs directeurs.

Le 24 novembre, le ministère a fait des propositions aussi bien sur les décharges de direction que pour la prime versée aux directeurs.

Décharges

Pour les décharges, le ministère propose d’y consacrer 600 ETP (postes) supplémentaires. Il propose de les affecter plutôt aux petites écoles. Ainsi dans les écoles à classe unique la décharge passerait de 4 à 6 jours par an; dans les écoles de 2 classes de 10 à 12 jours par an. Dans les écoles de 3 classes on passerait d’un jour par mois à un huitième. Ce scénario consommerait 450 emplois et ne laisserait donc que 150 postes pour les 35 000 autres écoles. Les syndicats ne se sont pas prononcés sur ce scénario qui de toutes façons semble très éloigné des besoins.

Prime

En 2020 les directeurs d’école ont perçu une prime annuelle exceptionnelle lié à l’épidémie de 450€. Le ministère s’est engagé à pérenniser cette prime qui représente 21 millions (prélevés sur les 400 millions de la “revalorisation”). Mais là aussi comment la répartir ?

Le ministère propose 3 scénarios. Le premier c’est de maintenir 450€ pour tous les directeurs quelque soit le nombre de classes. Le second scénario prévoit de verser 404€ jusqu’à 3 classes inclus, 449€ de 4 à 9 classes et 494€ au dessus. Le troisième scénario propose de donner 200€ dans les petites écoles (1 à 3 classes) et 575€ au dessus. Là aussi les syndicats, qui n’avaient pas reçu ces propositions avant la réunion, remettent leur décision à la prochaine réunion.

Le débat syndical

Si les syndicats sont d’accord pour reconnaitre qu’un effort urgent doit être fait pour les directeurs, ils sont divisés sur le statut des directeurs et des écoles.

Le 24 novembre, le Se-Unsa, le Sgen Cfdt, le Sne, le GDID et le GTRID parlent ensemble de leur attente d’un statut pour les écoles. “La direction d’école est un métier à part entière”, souligne S Crochet, secrétaire général du Se-Unsa. “Ce qui manque à l’école pour un fonctionnement plus fluide c’est une armature juridique qui permettrait de donner le pouvoir d’agir”, explique Alain Rei du GDID. “Il soutient la proposition de loi Rilhac, pourtant dépourvue de tous ses cotés concrets et enlisée dans la navette parlementaire. Il y voit “un point d’appui pour des revendications futures”.

“Dans un établissement il y a u chef d’établissement mais il n’est pas forcément supérieur hiérarchique”, explique Alain Rei. La loi Rilhac proposait aussi un directeur ayant délégation d’autorité du Dasen. Pour A Rei, “il faut arrêter de croire que le chef d’établissement est un élément dangereux… J’affirme que la professionnalité d’un directeur aujourd’hui n’est plus celle d’un enseignant. Ca en fait un personnel différent”.

Le premier syndicat du premier degré, le Snuipp Fsu, souligne que toutes les consultations, y compris celle du ministère, montrent que les enseignants ne veulent pas de directeurs chefs d’établissement. “Pour le moment le directeur peut acter au conseil des maitres certains points pour le fonctionnement quotidien de l’école”, nous a dit Guislaine Daviid, co secrétaire générale du Snuipp Fsu. “La question qui taraude les directeurs n’est pas le statut c’est la lourdeur des tâches. Il faut créer un nouveau métier pour remplacer les aides administratifs (supprimés par E Macron). Il faut aussi poser la question de l’utilité des enquêtes envoyées aux directeurs. Enfin revaloriser sa rémunération et améliorer les décharges. On poserait moins la question du statut si les directeurs avaient suffisamment de décharges”.

Avec 49 000 écoles dont 18 000 petites (moins de 5 classes), améliorer la gestion des écoles suppose des moyens importants que le ministère n’envisage pas de mettre. Grace à un amendement de C Rilhac à la loi Blanquer, JM Blanquer avait envisagé de confier la gestion des écoles aux principaux de collèges. La très vive réaction des enseignants et des maires a enterré ce projet pour le moment.

F Jarraud

L aloi Rilhac au départ et à l’arrivée