Les données brutes
Pour les lycéens professionnels et les étudiants en BTS : notons d’abord que 52 % des diplômés de 2022 ont poursuivi leurs études et 48 % sont sortis définitivement. L’étude ne porte donc que sur ces 48 %. Il en résulte que 61 % d’entre eux sont salariés en 2024. En comparaison, le taux d’insertion à 24 mois s’établissait à 56 % pour les sortants de 2019. Dans le détail, cela concerne 45 % des sortants de CAP, 59 % des sortants de baccalauréat professionnel et 72 % des sortants de BTS. Il est à noter que le taux d’emploi salarié à 24 mois est le même pour les femmes et les hommes (61 %).
En ce qui concerne le type de contrat, 29 % des sortants de LP et de BTS qui n’ont pas poursuivi leurs études ont un emploi en CDI et 32 % en CDD ou en intérim. 39 % d’entre eux ne sont pas en emploi.
Le meilleur taux d’emploi à 24 mois se situe dans les Technologies industrielles (69 %) suivi par les Services à la collectivité (68 %) et le Transport magasinage (66 %). Enfin, il est important de souligner que 63 % des sortants diplômés du CAP au BTS sont en emploi contre 56 % des sortants non diplômés.
Pour les apprentis du CAP au BTS : 38 % ont poursuivi leurs études et 62 % les ont arrêtées définitivement. Parmi ces derniers, 74 % occupent un emploi salarié en 2024. Le taux d’insertion à 24 mois est constant depuis 2019. Dans le détail, ce sont 71 % des apprentis sortant de CAP, 78 % de Bac Pro, 79 % de Brevet Professionnel et 76 % de BTS qui ont un emploi. Le taux d’emploi des jeunes femmes est inférieur de 4 points (71 %) à celui des jeunes hommes (75 %).
En ce qui concerne le type de contrat à 24 mois, 50 % des apprentis qui ont arrêté leurs études en 2022 sont employés en CDI, 23 % en CDD ou intérim et 26 % ne sont pas en emploi.
Le meilleur taux d’emploi à 24 mois se situe dans la Mécanique et les structures métalliques (81 %), le Transport magasinage (79 % %) et les Technologies industrielles. Notons enfin que le taux d’emploi des diplômés (79 %) est supérieur à celui des sortants non-diplômés (71 %).
L’analyse
Les données de la DEPP portent sur les sortants définitifs en 2022. Il est donc peu pertinent de comparer le taux d’insertion entre élèves et apprentis quand il existe un écart de 14 points dans les pourcentages dé sortants définitifs. Néanmoins, il existe une constante rassurante : les diplômés du CAP au BTS obtiennent plus facilement un emploi que les non-diplômés. Cela prouve une fois de plus que l’obtention d’un diplôme est gage d’une meilleure insertion.
A ce sujet, il serait temps qu’une analyse approfondie soit menée sur les résultats de l’insertion des jeunes apprentis qui préparent une certification professionnelle dont beaucoup sont des diplômes « maison » liés aux besoins immédiats des entreprises. Il s’en crée plus de 100 par mois sans que quiconque ne se préoccupe de l’insertion de ces jeunes à long terme.
L’insertion des élèves sortant des lycées professionnels comme celle des étudiants en BTS s’est améliorée entre 2019 et 2024 : plus 5 points en 5 ans. Preuve s’il en était que l’enseignement professionnel sous statut scolaire a toute sa place dans le système éducatif français.
L’insertion des jeunes apprentis deux ans après leur sortie définitive demeure à un niveau élevé : 74 %. C’est indéniable. Ce résultat est particulièrement tiré par le haut grâce à l’insertion des sortants de Brevets Professionnels (79 %) qui ne se préparent que par la voie de l’apprentissage ou de la FC, et que la DEPP intègre dans les statistiques du CAP au BTS. En termes d’attrait, ce taux d’insertion des apprentis est très vendeur sur le marché de la formation.
Mais la comparaison avec le lycée professionnel s’arrête-là. En effet, il n’est jamais tenu compte du nombre d’entrants pour éclairer la lecture de ces résultats. Or c’est indispensable. Djéhanne Gani l’a fait dans Le Café Pédagogique : « En lycée professionnel, le taux de décrochage est 4 fois moins élevé (13% contre 40% en apprentissage). » Comment rapprocher les résultats de deux modalités de formation quand l’une éjecte en cours de cursus 4 fois plus de jeunes que l’autre ? Ne pas en tenir compte est pervers car plus on écrème, plus il est facile d’obtenir de bons résultats d’insertion !
Quoi qu’il en soit, ces chiffres de l’insertion professionnelle sont dans l’ensemble favorables aux jeunes et à la formation. Les tenants de la mort des diplômes n’y trouveront sûrement pas leur compte. Par contre, ceux de la formation scolaire et universitaire y trouveront des raisons d’espérer. C’est encourageant pour tous les défenseurs de l’école !
Christian Sauce
