Qu’est-ce qu’un sac à maths ? Que contient-il ?
Un sac à maths contient au moins un jeu, un livre et une activité algorithmique, le tout en lien avec les mathématiques. On peut y mettre plus de contenu, en fonction des souhaits des élèves. Les sacs à maths sont nés sur une idée de Sonia Marichal, et ils ont été développés et diffusés par l’association Les Maths en Scène.
Les Rubik’s cubes ont un grand succès auprès des élèves. Beaucoup de jeux du commerce sont aussi parfaits pour les sacs à maths : jeux d’échecs, Skyjo, smart Games IQ, … Les puzzles imprimables plaisent aussi beaucoup.
Pour les livres : littéramath propose un grand choix de livres par âge, tous autour des maths.
Pas mal de choix aussi pour l’activité algorithmique : les défis de Jean-Yves Labouche à imprimer, des défis avec des cartes micro-bit, un sachet Code en bois pour sac à maths … Les élèves apprécient particulièrement les sachets Code en Bois : le livret comporte beaucoup de défis à chercher, et les briques sont agréables à manipuler. Le but d’un sac à maths est de diffuser dans les familles la culture mathématique et le plaisir de faire des maths. Les élèves s’approprient le contenu et le font découvrir aux parents, aux frères et sœurs ou aux copains.
Comment s’organisent les prêts ?
Comme on veut ! Au début, je préparais une dizaine de sacs avec un contenu donné, et les élèves venaient choisir.
Un jour, Houria Lafrance (présidente de l’association Les Maths en Scène) a créé le concept de mathothèque, où les éléments des sacs sont à disposition des élèves, qui peuvent composer leurs propres sacs. J’adore ! Et ça marche du tonnerre !
Je prête les sacs pour une durée de 2 semaines. A l’issue du prêt, l’élève rapporte le sac dont on vérifie le contenu, avec un bilan indiquant ce qu’il a préféré et pourquoi. Je reste encore surprise des retours, tous en bon état, et une seule perte en 3 ans ! Dans certains établissements, les sacs sont gérés via les prêts du CDI. C’est possible aussi.
Pour quels effets ?
Au début, les élèves choisissent les sacs pour eux. Lors du retour, presque tous les élèves parlent de ce qu’ont préféré les membres de leur famille. Et, petit à petit, des élèves se mettent à choisir des sacs dont le contenu plaira à leurs proches ! De quoi développer les compétences psycho-sociales en plus des compétences mathématiques.
Mais surtout, le regard des élèves et de leurs familles change : les mathématiques, ce n’est plus aussi abstrait. Ce sont de belles choses, des concepts ludiques, portés par des personnes qu’ils découvrent. Et, quand ils jouent, ce n’est pas grave quand on perd : ce n’est qu’un jeu ! Petit à petit, ils deviennent meilleurs.
Les puzzles sont aussi très intéressants : on progresse vite, mais on peut être bloqué à la fin… Il faut recommencer ! Ce n’est pas grave, on sent bien que c’est accessible. Et on apprend la frustration, mais aussi la persévérance. Un bon jeu, c’est un jeu qui donne un peu de fil à retordre : en maths, c’est pareil !
Le plaisir est-il un facteur déterminant pour réussir en maths ?
Tout dépend de ce qu’on appelle réussir… Il y a le plaisir de savoir faire un exercice, c’est vrai. Mais pour avoir vraiment envie de faire des maths, de continuer, c’est comme pour tout : il faut prendre plaisir dans la discipline. C’est ce qui donne envie de chercher d’autres défis exercices, d’aller plus loin, de se dépasser.
Quand je dis que je suis prof de maths, j’entends souvent « ah, moi j’ai jamais aimé les maths ». Ce sont des personnes qui n’ont jamais vraiment découvert les maths, pour qui ça reste très abstrait et irréel. Mais, quand on s’amuse, on aime… et on n’a pas envie de s’arrêter !
Quel regard avez-vous sur les nouveaux programmes de maths au cycle 3 ?
Je les trouve denses, mais intéressants. Au début, on va devoir jongler entre les attendus et les prérequis (les programmes changent en même temps en cycle 2 et en cycle 3). Mais, à terme, on peut espérer que les enfants aient une image plus concrète, plus construite, des notions mathématiques.
Et je suis tellement heureuse de voir figurer des points spécifiques sur l’égalité filles-garçons en cours de mathématiques. Et la présentation de modèles de mathématiciennes !
Propos recueillis par Julien Cabioch
