Parmi elles, Sarah Harizate, qui est venue de Martigues pour l’occasion. A la sortie de l’audience, elle témoigne que « L’échange a été très intéressant. Le monsieur qui nous a reçues était très à l’écoute et on a pu développer plusieurs points ». Parmi ceux-ci tout d’abord, c’était le cœur de la mobilisation, la question du statut de AESH : « Nous on demande à avoir un statut de fonctionnaire de catégorie B. C’est quand même le minimum, on enchaine les contrats et même en CDI on n’est jamais vraiment pérennisées. Donc sur ce sujet on a dit ce qu’on avait à dire. Y’a une AESH qui a été 11 ans en CDD et maintenant 5 ans en CDI mais elle ne peut toujours pas avoir de réel avancement ou bien jouir de règles de mobilité. Si on change de département par exemple, on a n’a pas d’autre choix que de démissionner ». Sur ce sujet central, Sarah a eu la sensation d’avoir été entendue : « Le secrétaire général a lui-même reconnu que ce serait une bonne chose. Mais ça ne dépend pas de lui, c’est au ministère que se prend la décision. Donc ce sera sur eux qu’il faudra pousser. » Sarah semble motivée à poursuivre la mobilisation.
Mais elle a aussi abordé d’autres sujets qu’elle tenait, avec ses collègues AESH, à faire entendre au secrétaire général de la DSDEN, comme par exemple le rattrapage des indemnités dues pour celles et ceux qui travaillent en REP et REP+. En effet, une décision récente du conseil d’état reconnait que ces personnels, qui travaillent comme les autres dans des écoles, peuvent prétendre à ces primes, qui n’étaient alors pas versées. Depuis 2023 les AESH touchent cette prime mais Sarah relate : « Nous ce qu’on demande c’est aussi le paiement des arriérés, des primes qu’on aurait dû toucher. L’administration est OK pour payer les arriérés. La loi dit que ça devrait être depuis 2015 mais ça risque d’être moins, peut-être 2018. Faut pousser. ». Un nouveau combat qu’il va falloir mener mais aussi une lueur d’espoir : « Il a dit que si on remplissait notre demande à temps, on pourrait être rattrapées de nos heures fin du printemps début de l’été ».
Selon les villes, les AESH qui travaillent durant le temps de cantine doivent payer leurs repas
Enfin, les AESH ont souhaité parler du nouvel avenant à leur contrat qui leur permet de travailler à la pause méridienne. Sarah raconte : « Moi j’ai dit que ce contrat est trop flou. On passe d’un contrat cantine avec les mairies à un contrat éducation nationale. Mais on ne dit pas exactement le montant de la paye, on ne nous parle pas de notre droit de pause et surtout on ne sait rien des accords passés avec la mairie pour la gratuité des repas ».
En effet, selon les villes, les AESH qui travaillent durant le temps de cantine doivent payer leurs repas. « On nous a dit qu’une convention a été passée avec la mairie de Marseille… mais on est la moitié des AESH à ne pas habiter Marseille ».
Lorsque l’on demande à Sarah si elle est prête à continuer le combat, sa réponse est sans appel : « Oui on doit aller jusqu’au bout de notre revendication pour un statut. Le seul truc qu’on peut regretter c’est que les AESH ne soient pas en plus grand nombre dans la rue ». Peut-être qu’un bel appel à la grève prévu à l’avance et bien médiatisé pourra le permettre ?
Frédéric Grimaud
