Des violences précoces et massives tout au long de la scolarité
« Les violences sexistes et sexuelles apparaissent dès l’école élémentaire, s’intensifient à l’adolescence et touchent davantage les filles à mesure que l’âge et le niveau scolaire augmentent » indique le communiqué de presse publié mercredi 28 janvier avec l’Observatoire national des violences faites aux femmes. Les filles sont davantage touchées que les garçons par les violences. 15 % des collégiennes et 19 % des lycéennes déclarent des violences sexuelles (« baisers » forcés, « caresses » forcées, voyeurisme).
En CM1-CM2, filles et garçons sont déjà exposés aux violences sexistes et sexuelles : « 15 % des élèves déclarent avoir été victimes de voyeurisme dans les toilettes » et « 8 % avoir été embrassés de force ».
Face à ces chiffres, le ministère souligne l’importance du rôle de l’école et de l’EVARS « afin de faire vivre au quotidien l’égalité, le respect et de faire du consentement une valeur fondamentale. Le ministre de l’Education nationale et la ministre l’Egalité entre les femmes et les hommes et de la Lutte contre les discriminations rappellent leur engagement total à faire respecter l’application de ces programmes ».
Près d’1 collégienne sur 3 et d’un collégien sur 4 victimes de cyberviolence
Au collège, ces violences touchent toujours une part importante des élèves, filles comme garçons, montrant qu’il ne s’agit pas de faits isolés. « Près d’un tiers des collégiennes (30,6 %) et plus d’un quart des collégiens (26,2 %) déclarent avoir été victimes de cyberviolences ».
1 lycéenne sur 4 et 1 lycéen sur 5 victimes de cyberviolence
Selon l’étude de l’Observatoire national des violences faites aux femmes et de la Depp un quart des lycéennes (24,9 %) et un lycéen sur cinq (20,4 %) ont déclaré avoir été victimes de violences en ligne. Les chiffres datent de 2021-2022 pour les collèges et de 2022-2023 pour les lycées.
L’adolescence, un point de bascule au détriment des filles
Si les violences concernent tous les élèves, les inégalités se creusent fortement à partir du lycée. « Les filles sont très largement sur-représentées parmi les victimes ». Ce phénomène s’accompagne d’un fort sentiment d’insécurité, notamment dans les transports et aux abords des établissements, et a des conséquences directes sur la scolarité : « 1 lycéenne sur 10 déclare s’être déjà absentée de son établissement par peur » relève le communiqué.
Les réseaux sociaux, un facteur majeur d’amplification des violences
Quatre jours avant le vote lundi à l’assemblée de la proposition de loi sur l’interdiction des réseaux sociaux aux moins de 15 ans, la DEPP publie une note qui montre une progression alarmante : plus de 130 000 adolescents ont été exposés à des contenus sexuels contre leur gré. « Cette exposition précoce banalise le sexisme et renforce les violences sexistes et sexuelles, soulignant la nécessité d’une régulation renforcée des plateformes numériques pour les plus jeunes et leur interdiction avant 15 ans » estime le communiqué de presse du ministère de l’Education. Pour ce dernier les chiffres plaident pour « la nécessité d’une régulation renforcée des plateformes numériques » et de leur interdiction avant 15 ans.
Djéhanne Gani
