La journée du 28 mars nait d’un constat, partagé, désolant et révoltant : « En France, la ségrégation socio-scolaire à l’école ne cesse de s’aggraver. (…) Les réformes successives, la hiérarchie scolaire des savoirs et des cultures, les politiques néo-libérales d’orientation et d’évaluation, les injustices de la carte scolaire et du tri organisé par « Parcoursup », la ségrégation croissante entre public et privé, tout concourt à accentuer le tri des élèves selon leur origine sociale et à limiter l’accès à l’excellence pour tous. »
Pour tenter de renverser cet ordre des choses, la journée Riposte du 28 mars déploiera quatre ateliers de discussions et propositions.
Le premier portera sur l’inclusion : « Comment prendre en charge tous les enfants à besoins éducatifs particuliers ? Comment prendre en compte la grande pauvreté ? Comment repenser les injustices géographiques de la carte scolaire ? … »
Le deuxième se demandera comment « évaluer sans exclure », comment « faire de l’évaluation un levier de justice et d’accompagnement scolaire et non de tri ».
Le troisième cherchera à « faire de l’orientation un outil d’émancipation, de cheminement d’une personne qui s’oriente et non qui est « orientée » », ce qui implique aussi de sortir d’une logique de sélection, de flux, de marché.
Le quatrième cherchera à définir « les grands axes d’une culture scolaire pour tous et de notre temps pour un monde multiculturel, en pleine mutation » : en particulier, il s’agit de « réfléchir à ce que pourrait être une école qui refonderait découpages, contenus, pédagogie, voire invention de nouvelles disciplines scolaires capables de percoler entre elles, combattant la fragmentation des savoirs et puisant dans le patrimoine des didactiques et sciences de l’éducation. Mais aussi soucieuse de ne pas écraser les « arts de faire » par les « arts de dire », accordant une place essentielle au développement des capacités à créer, fabriquer, produire, représenter par des écrits, des sons, des images, des dialogues, des objets etc. »
Projections de Riposte sur la suite du travail collectif : « Nous nous donnons jusqu’en janvier 2027 pour dégager les grandes lignes et propositions d’un projet audacieux pour refonder le système. La deuxième journée en septembre sera plus centrée sur l’élaboration des curricula et des pratiques pédagogiques et didactiques à la hauteur du monde qui advient. La troisième, début 2027, réfléchira à une démocratisation du fonctionnement de l’institution à tous ses échelons. Nous serons alors en mesure d’organiser un grand Grenelle alternatif pour l’école d’aujourd’hui et de demain. »
Jean-Michel le Baut
