Des discours officiels contredits par les actes
« Le ministère de la Fonction publique s’attaque aux droits des agent·es : trop, c’est trop ! », alerte la FSU. Dans un communiqué publié le 6 février, l’organisation syndiclae dénonce une série de décisions gouvernementales qui fragiliseraient les droits, la santé et les conditions de travail des agents publics, en particulier dans des secteurs très féminisés et exposés comme l’Éducation nationale.
Alors que le ministère affirme vouloir mieux protéger les agents, travailler à un plan « santé au travail » et négocier sur l’égalité professionnelle, « il agit strictement à l’inverse », dénonce le syndicat.
Autorisations d’absence : des droits remis en cause
Premier point de crispation : la révision des autorisations d’absence liées à la parentalité et à certains événements familiaux. Sous couvert de répondre à une injonction du Conseil d’État, le ministère envisagerait de réduire le nombre de jours accordés pour enfant malade ou pour certains congés liés au décès. Une perspective qui inquiète particulièrement les personnels de l’Éducation, déjà confrontés à une intensification du travail et à un manque de remplaçants. Pour la FSU, il s’agit d’« une attaque directe contre les droits des personnels ».
Le temps partiel thérapeutique dans le viseur
Quelques jours plus tard, c’est le temps partiel thérapeutique qui se retrouve au cœur des tensions. La Direction générale de l’administration et de la fonction publique (DGAFP) a ouvert des discussions visant à en durcir les conditions d’accès et de renouvellement, sans bilan chiffré préalable ni présence d’employeurs publics.
La FSU dénonce une volonté de transformer « un droit statutaire de protection des agent·es en un dispositif de gestion des ressources humaines », qui toucherait en priorité « les professions les plus exposées et les plus féminisées », dont celles de l’Éducation nationale.
Les syndicats quittent la table des discussions
Estimant que ces projets s’inscrivent dans une logique d’austérité budgétaire portant atteinte à la santé des personnels et à l’égalité professionnelle, la FSU et d’autres organisations syndicales ont quitté le groupe de travail consacré au temps partiel thérapeutique.
Un geste fort pour « signifier un refus déterminé de tout recul », selon le communiqué.
Des exigences claires adressées au gouvernement
La FSU appelle le gouvernement à « cesser ses attaques contre les droits, la santé et les conditions de travail des agent·es publics » et exige l’abandon immédiat de ces projets. Le syndicat réclame également « la suppression du jour de carence et le retour du maintien à 100 % du traitement en congé maladie ordinaire », des mesures jugées indispensables pour garantir des conditions de travail dignes aux personnels de l’Éducation et de l’ensemble de la fonction publique.
Djéhanne Gani
