Le scénario comprend plusieurs strates : lecture cursive des Lettres d’hivernage de Senghor ; exploration du projet artistique Once Upon a Garden de l’artiste sénégalaise Linda Dounia (qui exploite l’IA pour imaginer des fleurs disparues ou en voie d’extinction en Afrique de l’Ouest) ; création personnelle, écrite et/ou visuelle, avec ou sans IA, pour produire des « Archives d’un monde absent ». La production finale lui associe un « carnet de création » qui permet de saisir comment l’élève a « cherché, ajusté et assumé » son projet.
Ces carnets, explique Nicolas Bannier, amènent à dépasser les positions de principe sur l’IA pour favoriser « un ensemble de postures d’auteur et de gestes de tri : refuser, cadrer, tester, prélever, rejeter, justifier. » En témoignent des citations d’élèves : « Je voulais tout faire toute seule avec mes mots et mes émotions c’était important pour moi que le texte vienne de ce que je ressens. » ; « L’IA a été un outil d’inspiration, pas une voix. » ; « L’IA est un outil d’exploration pour visualiser des idées tester des compositions mais les choix nous appartiennent. L’IA peut aider mais l’humain donne le sens. » ; « Les images générées par l’IA sont trop artificielles. »…
Le travail, mené dans le cadre des TraAM, montre combien les élèves ont un rapport critique à l’IA bien plus avancé qu’on ne le dit parfois avec un certain mépris. Il enseigne aussi que l’Ecole a le devoir et les moyens de fortifier cette maitrise distanciée en développant tout à la fois les gestes de création et de réflexion.
Jean-Michel Le Baut
Nicolas Bannier dans le Café pédagogique
