Dans 70 % des familles, c’est la mère qui porte l’essentiel de la charge liée à l’orientation. Une implication qui se traduit par une pression plus forte : 80 % des mères déclarent une hausse de leur charge mentale, contre 53 % des pères. L’accompagnement des choix d’études s’inscrit ainsi dans une répartition encore très genrée des responsabilités familiales. Les inégalités se déclinent au présent et au féminin.
Une anxiété familiale liée à l’incertitude
L’étude met également en évidence le poids émotionnel de la procédure sur les familles. 77 % des parents disent ressentir de l’anxiété face à Parcoursup, 42 % évoquent des tensions familiales et un tiers déclarent des troubles du sommeil.
Contrairement aux idées reçues, cette inquiétude ne provient pas principalement du fonctionnement de la plateforme : seuls 22 % des parents citent sa complexité technique. La principale source d’angoisse réside dans l’incertitude sur l’avenir scolaire de leur enfant. Six parents sur dix redoutent une affectation jugée insatisfaisante, devant la crainte d’un refus ou d’une absence de place. L’absence de places et donc le manque de moyens dans les universités est bel et bien le moteur du stress à tous les étages, comme du développement du marché du supérieur privé (lucratif notamment, et de ses dérives.
Une orientation devenue un sujet permanent dans les familles
L’orientation s’impose désormais comme un sujet durable dans le quotidien familial. 41 % des parents disent aborder la question dès la classe de troisième, et 37 % dès le choix des spécialités en seconde. Près de 34 % des parents se disent même incapables d’estimer le temps qu’ils consacrent chaque semaine à ces démarches, signe que la question s’installe dans les discussions du quotidien.
La mobilisation des familles est importante : 69 % des parents réalisent la procédure Parcoursup avec leur enfant et un parent sur cinq en prend entièrement la charge, des vœux à la constitution des dossiers et des lettres de motivation.
Des parents très investis pour trouver de l’information
Pour tenter de réduire l’incertitude, les familles multiplient les démarches d’information : 68 % participent à des journées portes ouvertes, 51 % à des salons d’orientation et autant échangent avec d’autres parents.
Cette forte implication parentale témoigne à la fois de l’importance accordée à l’orientation post-bac et du poids que représente cette étape pour les familles. Elle révèle aussi, selon l’enquête, une réalité persistante : l’accompagnement de l’orientation reste largement assumé par les mères, renforçant les inégalités de genre, de charge au sein des foyers. L’enquête ne parle pas du marché qui se développe sur fond de stress, un vrai business.
Djéhanne Gani
Dans le Café pédagogique
https://www.cafepedagogique.net/2025/10/15/parcoursup-du-combattant-quand-le-parent-devient-manager/
