Pour les collègues du lycée professionnel de Seine-Saint-Denis,
Ces jours-ci, nous découvrons notre nouvelle boite mail professionnel, outil fort agréable et avec lequel nous pouvons prendre le temps de jouer, entre les conseils de classe, les préparations de CAP oraux ou écrits, les préparations au BAC, parcoursup et j’en oublie sûrement.
A titre personnel, j’en ai profité pour relire deux mails passés plutôt inaperçus à mon sens, et qui méritaient plus d’attention.
Je parle du mail du 30 janvier et de celui du 27 mars (annule et remplace).
Fin des corrections de copie de manière collective
Trêve de suspense, le message du 30 janvier acte la fin des corrections de copie de manière collective et le début d’une correction dématérialisée du BAC professionnel au niveau académique.
J’ai ouvert le message du 27 mars fébrile, espérant que cet « Annule et remplace » signifiait que nous gardions nos corrections collectives, et donc ces retrouvailles entre collègues de Lettres Histoire du 93. Mais non.
Jusqu’à cette année, les enseignants et enseignantes de Lettres Histoire Géographie étaient convoqués sur deux sites du département pour corriger les copies de français d’un côté et d’histoire, géographie EMC de l’autre. Nous avions deux jours pendant lesquels plus d’une centaine de collègues de la même matière se retrouvaient sur le même établissement scolaire. Cela donnait lieu à de nombreux échanges, propositions de travail collectif, comparaison des établissements, innovations pédagogiques… Nous corrigions en discutant entre deux copies.
Malgré l’intérêt évident de ces journées pour les collègues, débutants ou non d’ailleurs, nous sommes maintenant « invités », sans qu’il n’y ait eu la moindre concertation, à corriger nos copies chez nous devant un ordinateur. Méthode déjà utilisée en lycée général.
Fini les discussions autour du café du matin sur nos élèves de filières différentes, leurs réussites, leurs difficultés.
Fini ces moments de réflexion et d’échanges pédagogiques informels mais particulièrement riches.
Fini les échanges autour de nos droits syndicaux aussi, car nous étions preneurs de conseils auprès des collègues représentants syndicaux, pendant la pause. ( Vous le sentez le petit élément de réponse probable ici ? )
Fini les échanges autour d’une copie de qualité, et les questionnements sur la notation.
Voilà, nous perdons un nouveau temps de rencontre institutionnel entre collègues, peut-être le dernier il me semble, les temps de formation devenant peau de chagrin, de plus en plus « en visio ».
Si vous prenez le temps de lire ce mail du 27 mars, vous trouverez cette phrase à la fin du message :
« Les jurys offrent également la possibilité de faire de ces moments un espace de partage de réflexions sur nos pratiques professionnelles, leurs réussites et leurs blocages. »
Merveilleux.
Maxime Donati
