« Et décaler le début des épreuves à 8h au lieu de 9h et donc que tout finisse une heure plus tôt, c’est pas envisageable là-haut ? », nous écrit un enseignant. « C’est une honte de faire composer les élèves dans de telles conditions, après des nuits intenables et des révisions dans les mêmes conditions », souligne une autre. Edouard Geffray a décidé, malgré 72 départements en vigilance rouge ce jeudi 25 juin, de maintenir l’épreuve de Français des 850 000 collégiens de 3e le lendemain.
Le ministère n’a pas voulu avancer l’épreuve d’une heure, ni la raccourcir, ni l’annuler, ni la reporter. En 2019, avec (seulement) 20 départements en vigilance rouge, Jean-Michel Blanquer avait reporté les épreuves du DNB. De nouvelles convocations avaient alors été éditées en urgence. Il n’en n’est rien 7 ans après.
Le jour le plus chaud mesuré en France, Edouard Geffray s’en remet aux chefs d’établissements pour accueillir 15 candidats maximum par salle et accorder le droit à des pauses wc ou aération dès les 5 premières minutes de l’épreuve. « Les chefs d’établissement savent faire », indique-t-il aux journalistes. Les allers et retours seront surement très nombreux car les conditions dans de nombreuses salles de classe sont intenables en France. « C’est injuste : tous les candidats ne vont pas travailler dans les mêmes conditions ! », écrit cet internaute.
À Paris, au collège Lamartine, des enseignants menacent d’exercer leur droit de retrait vendredi, indique Le Parisien. « On a des gamins qui font des malaises, qui saignent du nez, qui ont des vertiges ou des nausées ».
Un courrier que s’est procuré le café pédagogique a été adressé à la direction de cet établissement. Le contexte de travail est finement décrit dans les salles surchauffées. « L’effort intellectuel est impossible, on se surprend à se sentir vacillante parce qu’on explique une notion un peu complexe. On décèle le même vacillement dans leur regard, leur posture quand on les sollicite ».
« Comment peut-on demander à de très jeunes adolescents de se concentrer sur des révisions dans cinq matières alors que, nous-mêmes, nous avons du mal à exécuter les tâches élémentaires qui nous incombent ? Dans quelles conditions vont-ils réviser ? Quelques-uns vont peut-être bénéficier d’environnements plus aérés, partir dès ce week-end (puisque le Ministère autorise les élèves à ne pas venir en classe …) chez des grands-parents pour bénéficier d’environnements ombragés loin de la fournaise parisienne mais la majorité va tenter de réviser dans une étuve, essayer de dormir alors que les nuits seront “tropicales” et arriver épuisée après plus d’une semaine de canicule exceptionnelle dans des salles d’examen chauffées à blanc. Que souhaitons-nous pour nos élèves ? Voulons-nous vraiment mesurer des acquis de fin de collège ou les placer dans une situation que les adultes ne pourraient pas accepter ? »
Les enseignants du collège République à Bobigny ont mis en ligne une pétition. « Nous demandons le report de l’épreuve du brevet prévue le vendredi 26 juin au matin, ou sa tenue dans des locaux climatisés (…) Car l’urgence climatique est là, et nous savons que nos élèves des quartiers populaires seront particulièrement touché.e.s par ses conséquences. Il est irresponsable de se cacher derrière un discours vide sans prendre la moindre mesure concrète et matérielle qui soit à la hauteur de la situation. N’attendons pas qu’un drame survienne pour nous mobiliser ! »
Brevet maintenu ce vendredi malgré la canicule mais avec pauses fraîcheurs et 15 élèves par classe.
L’épreuve la plus longue du brevet des collèges (français) de vendredi 26 juin est maintenue. Le ministre Edouard Geffray a tranché, au niveau national cette fois-ci. L’épreuve aura donc bien lieu mais avec des pauses fraîcheurs entre les différentes parties (dictée, rédaction, grammaire) et une promesse de 15 élèves maximum par salle de classe. « Les chefs d’établissement savent faire », précise le ministre. En 2019, avec des températures plus basses, Jean-Michel Blanquer avait, quant à lui, décidé de reporter les épreuves de quelques jours. Lire la suite
Jusqu’à 600 alertes en une journée dans l’académie de Normandie… Combien de fiches RSST (registre santé sécurité au travail) ont été remplies par les personnels les deux premiers jours de la canicule ? Près de 600 dans l’académie de Normandie, plus de 250 dans l’académie d’Orléans-Tours, 274 en deux jours à Bordeaux : la vague de chaleur provoque une hausse sans précédent des signalements liés aux conditions de travail dans les établissements scolaires. Face à des salles de classe dépassant régulièrement les 30 °C et à des malaises parmi les élèves comme les personnels, les syndicats dénoncent l’absence d’anticipation de l’État et réclament un cadre national de protection. Lire la suite
« Les années se suivent et se ressemblent », constate cette enseignante. « A Marmande, nos classes surchauffent, grandes vitres, pas de volets. 29° atteints vendredi à15h30, avec 3 ventilos en route. Le mal de tête ne me quitte plus, les saignements de nez aussi ». Ces témoignages affluent à la Rédaction du Café pédagogique. Malgré une alerte rouge canicule rouge sur 49 départements ce lundi, le ministre Edouard Geffray annonce seulement 845 écoles et collèges fermés ainsi que 1800 établissements avec des horaires aménagées. La France en compte 60 000. « Au regard de l’inadaptation du bâti scolaire parisien, la FSU-SNUipp demande à ce que les écoles parisiennes soient fermées et qu’un service minimum d’accueil soit organisé comme pendant le confinement lié au Covid », écrit le syndicat ce dimanche 21 juin. Élèves en Oraux, jeunes écoliers, stagiaires de seconde et personnel de l’Education sont en première ligne. Lire la suite
