Par François Jarraud
« La concertation a été très importante sur la question des inégalités territoriales. Un tabou a été levé : on ne peut plus nier que les contextes de scolarisation ne se valent pas ». Présentant les principales conclusions du rapport final de la concertation sur la refondation de l’Ecole, Nathalie Mons rappelle ses objectifs de justice sociale. Offre scolaire, enseignants, financement : les inégalités se croisent et se renforcent, au point qu’il semble désormais admis que la « discrimination positive » dans les ZEP n’est sans doute qu’un mirage. Ainsi la participation des collectivités territoriales, si vitale pour les établissements, varie de 1 à 2 selon les régions, de 1 à 10 selon les communes. « Rien que pour ce type de constat, la concertation a été utile », estime-t-elle. Le rapport défend l’idée de la suppression de la labellisation « ZEP », au nom de l’effet négatif des seuils et des étiquettes. Il préconise des dotations budgétaires modulables selon l’origine sociale des élèves. Et surtout, pour aider les enseignants des écoles les plus difficiles, formation, temps à dégager, équipes stables sont les pistes à suivre.
Et la mixité sociale ? Pas de retour à la carte scolaire stricte, mais recherche d’un maillage des territoires qui permette de brasser les populations quand c’est possible. Et pour les zones urbaines les plus difficiles, c’est vers la politique de la ville que doivent être cherchées les solutions plus globales, des soutiens plus vifs. Mais une école démocratique, explique l’universitaire, c’est aussi une école qui fait la place pour ses enseignants, pour que l’inventivité soit prise en compte, et non que les réformes soient exclusivement descendantes. « Marcher sur deux pieds, allier les réformes structurelles et le changement dans les têtes » conclut-elle…|
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