Par François Jarraud
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Le projet de décret fixe le temps de travail des élèves sur la semaine scolaire. Il fixe celle-ci à « 24 heures d’enseignement, réparties sur 9 demi-journées » au lieu de 8 depuis la réforme Darcos de 2008. Les journées d’enseignement sont définies dans l’article 3. C’est le mercredi matin qui est la norme et les journées ne doivent pas compter plus de 5 heures 30 maximum par jour et 3h30 le mercredi matin. La pause méridienne doit durer au minimum 1h30. Cependant l’article 5 prévoit des dérogations portant sur la durée des journées ou le passage du mercredi matin au samedi matin si le DASEN l’accepte.
Cette méthode est regrettée par Sébastien Sihr, secrétaire général du Snuipp Fsu, interrogé par le Café. « La place du conseil d’école n’est pas assez affirmée » estime-t-il. Or en 2008 il y avait de nombreuses dérogations à la règle générale « et ça n’avait pas mis en danger le service d’éducation », rappelle-t-il par exemple dans des régions de montagne où les communications sont difficiles. « Là où les communes n’auront pas l’ingénierie éducative ou l’argent nécessaire à la mise en place du périscolaire, les Dasen vont-ils passer en force ? », interroge-t-il. Le Snuipp aurait aussi préféré des délais plus longs : « les communes pas prêtes en 2013 le seront-elles en 2014 ? On risque d’avoir des garderies à de nombreux endroits » alors que l’effet positif du passage aux 5 jours sur les gains scolaires est déjà contesté. Pour le Snuipp, un simple calcul montre que la simple application des barèmes d’aide financière aux communes pour les 6,7 millions d’élèves du primaire dépasse les 250 millions promis par l’Etat. Pour le Snuipp, les conseils d’école devraient décider des rythmes car ils incluent tous les acteurs et connaissent les contraintes locales. Ainsi on ne sait rien du devenir des communautés éducatives qui ont une organisation particulière comme à Toulouse ou dans la Vienne. Ces « constructions intelligentes » vont-elles être supprimées ? « On n’est pas favorable à un modèle tiré au cordeau par la rue de Grenelle », déclare S Sihr.
« Il faudra poser la question de la rémunération des enseignants », estime aussi Frédéric Sève, secrétaire général du Sgen Cfdt. Pour lui il faut mettre à égalité les enseignants du premier et du second degré, par exemple étendre l’ISO au primaire. « Arrivera-t-on à sanctuariser les mercredis après-midi », interroge-t-il également. Le Sgen s’inquiète également de l’autoritarisme des Dasen. Mais le décret est accueilli positivement. « L’objectif était que les enfants aient des journées moins chargées pour apprendre mieux. Il est atteint ». Le régime Darcos n’est pas regretté. F Sève souligne la « souplesse » du dispositif qui fixe des maxima et prévoit des dérogations ainsi que la suppression de l’aide individualisée. « L’APC a un champ large et est laissée à l’initiative des équipes ». Le Sgen aurait souhaité une réforme de l’année scolaire pour donner davantage encore de souplesse et une extension au début du collège pour faciliter la transition école – collège. « On a un volume annuel global d’heures de cours très élevé. Ce n’est pas forcément avec beaucoup d’heures de cours qu’on apprend mieux. Il faudra bien lever ce tabou et arriver aux 23 heures hebdomadaires ».
Le projet de décret fixe le temps de travail des élèves sur la semaine scolaire à « 24 heures d’enseignement, réparties sur 9 demi-journées » au lieu de 8 depuis la réforme Darcos de 2008. Les journées ne doivent pas compter plus de 5 heures 30 maximum par jour et 3h30 le mercredi matin. La pause méridienne doit durer au minimum 1h30. Cependant l’article 5 prévoit des dérogations portant sur la durée des journées ou le passage du mercredi matin au samedi matin si le DASEN l’accepte. L’article 7 supprime l’aide personnalisée. A la place sont créés des « activités pédagogiques complémentaires » (APC) selon l’article 6. Ces APC concernent « l’aide aux élèves rencontrant des difficultés dans leurs apprentissages » mais aussi « l’aide au travail personnel » et « une activité prévue par le projet d’école ». L’organisation de l’APC est arrêtée par l’inspecteur (IEN) sur proposition du conseil des maîtres. C’est la seule mention du conseil des maîtres. Ces nouveaux rythmes doivent être mis en place à la rentrée 2013 sauf dérogation accordée par le Dasen sur demande des seuls maire ou président de l’établissement public de coopération intercommunale faite avant le 1er mars 2013. Si la dérogation n’est pas accordée la nouvelle semaine entre en application à la rentrée 2013.
Monsieur le Ministre,
« Le retour à la semaine de quatre jours et demi est une bonne chose pour les élèves », estime l’AMF. « Mais on peut être d’accord sur l’objectif d’une réforme et vigilant sur ses conséquences financières, surtout lorsque les finances locales sont en crise ». C’est sur ce terrain que les maires portent leurs critiques. « A moins de deux mois (de la décision d’appliquer en 2013 ou 2014 la réforme), il leur manque trop d’éléments concrets pour pouvoir prendre cette décision ».
Probablement les Français ne vont rien y comprendre. Cela fait trois ans que les commissions se succèdent pour une réforme des rythmes scolaires. On ne va pas retracer l’histoire de la commission Chatel qui déjà avait réuni la fine fleur des experts pour arriver à un rapport qui proposait le retour à la semaine de 5 jours au primaire. La concertation voulue par V Peillon a recommandé la même chose. Enfin indépendamment du ministère, les acteurs de l’Ecole ont aussi travaillé la question. On peut citer en exemples le « Réseau des villes éducatrices » ou encore la grande concertation réussie par la JPA rassemblait à peu près les mêmes organisations et personnes que lors du CSE du 8 janvier…Toutes ces réunions se sont conclues par des compromis acceptant l’idée du retour aux 5 jours. 

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