Le mardi 19 août, 217 080 élèves ont repris le chemin des 656 établissements scolaires de l’île, tous degrés confondus. La ministre de l’Éducation nationale, Élisabeth Borne s’est rendue sur l’île pour une visite marquée par des échanges avec les syndicats, les élus et les équipes pédagogiques.
Recrutement local : une mesure attendue pour les enseignants réunionnais
Face aux difficultés de recrutement et de fidélisation des enseignants, Élisabeth Borne a annoncé une mesure ciblée : tous les lauréats réunionnais du CAPES effectueront leur année de stage sur l’île, sans affectation en métropole. Cette décision vise à favoriser l’enracinement local et à répondre aux nombreux départs liés à des affectations éloignées, souvent mal vécues.
La mise en place des Pôles d’Appui à la Scolarité (PAS)
Dans un entretien accordé à Réunion La 1ère Elisabeth défend les PAS : « La Réunion est la seule académie qui va déployer le dispositif des Pôles d’Appui à la Scolarité (PAS) sur l’ensemble de son territoire », justifiant que l’école inclusive, « l’une des priorités portées par l’Académie de La Réunion ». Les PAS seront généralisés à La Réunion alors qu’ils ont été rejetés en commission mixte paritaire à l’assemblée début juillet.
Inclusion scolaire : 15 000 élèves en situation de handicap, mais un accompagnement encore insuffisant
Avec 3 197 AESH mobilisés, l’académie reste confrontée à un manque de moyens humains pour répondre aux besoins des 15 000 élèves en situation de handicap. Si 70 postes supplémentaires ont été annoncés, la mise en place des Pôles d’Appui à la Scolarité (PAS) soulève des inquiétudes. Selon la FSU Réunion, ce dispositif risque de réduire le temps d’accompagnement direct des élèves au lieu de le renforcer. « Il faut des moyens humains supplémentaires, pas des dispositifs superposés qui diluent les responsabilités », dénonce Marie-Hélène Dor (FSU Réunion) lors d’un rassemblement devant le rectorat.
Décrochage scolaire : un enjeu majeur pour la jeunesse réunionnaise
Près de 20 % des jeunes Réunionnais quittent l’école sans diplôme, un chiffre alarmant bien au-delà de la moyenne française. En 2023, le taux d’abandon scolaire s’élève 7,6 % selon les chiffres du ministère. Dans ce contexte, la fragilisation des missions locales inquiète les acteurs de terrain, qui dénoncent un désengagement de l’État dans l’accompagnement à l’insertion des jeunes sans qualification.
Djéhanne Gani
