Le syndicat déplore des violences psychiques et physiques qui se sont déroulées dans le lycée professionnel jeudi 7 novembre dans le cadre d’un rallye citoyen. Des agents pénitentiaires de la prison de Fresnes et des légionnaires ont proposé des ateliers aux lycéens. La secrétaire générale de la CGT Éduc’action du Val de Marne condamne les violences et la brutalité. Lors des ateliers, « ils ont font passer les élèves à l’acte, munis de matraque et faux FAMAS » (armes de guerre). Elle rapporte également des propos sexistes tenus, comme « il y a peu de femmes dans l’armée, ça tombe tout le temps enceinte ».
Un dispositif « aux antipodes du modèle émancipateur »
Périne de Araujo, la secrétaire CGT Éduc’action du Val de Marne décrit le choc de sa collègue qui a assisté à la séance durant laquelle il a été demandé aux élèves de passer à l’acte et de porter des coups. Elle a appelé la cellule d’écoute du rectorat. Pour la syndicaliste, c’est « une bascule ». Elle décrit « un dysfonctionnement grave ».
Dans un communiqué publié mercredi 12 novembre, « La CGT Éduc’action 94 dénonce l’ingérence des ministères des Armées et de l’Intérieur dans les établissements scolaires. À l’instar du SNU, ce projet s’inscrit dans l’idée que seuls un pouvoir fort et des dogmes autoritaires pourraient remettre en place les idées d’une jeunesse que la droite et l’extrême-droite voudraient présenter comme sans boussole ni valeurs. Cette valorisation de la force physique et armée est aux antipodes du modèle émancipateur porté par notre organisation syndicale pour l’éducation ».
Le maire Jean-Philippe Gautrais a adressé un courrier au recteur Jean-François Chanet suite aux faits. Il y exprime une vive préoccupation à la lecture des informations publiées dans la presse concernant le « rallye citoyen » (… ) au cours duquel des élèves auraient été soumis à des situations d’une extrême brutalité. Si l’ensemble de ces faits sont avérés, ils posent des questions graves sur les conditions d’organisation de cette journée, sur la nature des partenariats engagés, et sur les messages adressés à nos jeunes en matière de citoyenneté et de rapport aux forces de l’ordre ». Dans son courrier, il souligne que « L’école de la République doit être un espace d’émancipation et d’apprentissage du sens critique. Elle ne saurait, sous aucun prétexte, devenir le terrain d’expérimentations qui banalisent la violence ou qui assimilent la citoyenneté à la répression »
Une enquête administrative
Une enquête administrative a eu lieu mercredi 12 novembre au lycée. Interrogé par la CGT Éduc’action lors du CSA académique, jeudi 13 novembre matin, le rectorat n’a « pas remis en question le dispositif du rallye citoyen », et les partenariats avec les ministères de la Défense et des armées. Lors de cette réunion, le syndicat a demandé au rectorat dans quel type d’établissement avaient lieu ces ateliers, craignant « un certain public ciblé ». « On s’oppose à ce que le métier des armées ou intérieur (pénitentiaire) recrute parmi les catégories les plus précarisées » déclare Périne de Araujo, secrétaire générale CGT Éduc’action 94. Le lycée Michelet forme aux métiers tertiaires, du commerce et de l’accueil.
La CGT Éduc’action 94 demande que la cellule d’écoute psychologique intervienne aussi longtemps que nécessaire, afin d’accompagner les élèves et les personnels affectés. Elle souhaite également que les familles soient informées des incidents et que le numéro de la cellule leur soit communiqué. Pour l’organisation syndicale, il faut qu’ « un travail pédagogique de déconstruction des idées virilistes, sexistes et violentes véhiculées par les militaires et les agents de la pénitentiaire soit mené auprès des élèves, par des intervenant- es véritablement qualifié-es. »
Djéhanne Gani
