Les objectifs de la charte
Le document livre d’emblée sa justification : « L’intelligence artificielle générative peut être un outil puissant pour apprendre, réviser et approfondir ses connaissances. Mais lorsqu’elle remplace l’effort personnel de l’élève, elle empêche les apprentissages essentiels (réflexion, mémorisation, création…) et fausse l’évaluation de ses compétences. Cette charte fixe des règles claires pour un usage réfléchi, éthique et respectueux des devoirs scolaires. ».
Les principes et code à respecter
La charte édicte ensuite les principes à respecter. Par exemple sur le rôle de l’IA : « L’IA générative est un outil d’aide, pas un substitut au travail personnel : elle peut expliquer, reformuler, proposer des exercices ou encore aider à organiser ses idées, mais ne doit pas réaliser entièrement le devoir à ma place ». Ou encore sur les obligations de l’élève : « Utiliser l’IA pour faire tout ou partie d’un devoir sans accord explicite de l’enseignant constitue une fraude scolaire et sera sanctionné. Par ailleurs, une vérification du travail personnel, à l’oral ou en devoir surveillé, pourra être menée en cas de doute ». La charte énonce aussi certaines invitations, par exemple : « toute réponse fournie par l’IA doit être vérifiée (les erreurs sont possibles), complétée et comprise avant d’être utilisée ».
Les enseignant·es doivent expliciter leurs attentes selon un code que les élèves s’engagent à respecter. Trois niveaux sont ainsi édictés : « Niveau 1 : Utilisation libre de l’IA (pas avant la classe de 4e)- Niveau 2 : Utilisation autorisée, mais avec obligation d’expliquer comment je l’ai utilisée (outil, prompts, vérifications) – Niveau 3 : Utilisation interdite – je dois réaliser seul le devoir, sans IA ».
Des adaptations à imaginer
La proposition de Thibaud Hayette est fort précieuse et inspirante. Elle est évidemment adaptable : aux besoins, aux contextes, à l’évolution des pratiques. Elle peut être complétée avec profit. Par exemple par une signalétique que l’enseignant·e copie-colle sur le devoir donné à la classe pour permettre à l’élève de visualiser le niveau du devoir qui lui est soumis, ses obligations et ses autorisations. Ou encore par une symbolique à utiliser systématiquement par les élèves pour indiquer précisément sur leurs travaux leurs éventuels usages de robots conversationnels : « Je n’ai pas utilisé l’IA » / « J’ai utilisé l’IA », avec en ce cas explicitation. Ou enfin par une adaptation de nos « grilles d’évaluation » ou « échelles descriptives » selon la nature et l’ampleur des interactions avec la machine, selon le degré d’activité et de réflexion personnelles déployées par l’élève.
Une dynamique de transparence à construire
Incontestablement, l’IAG nous appelle à contractualiser davantage. Cela nous engage tous et toutes dans une dynamique de transparence et d’honnêteté. Cela nous invite à expliciter nos procédures de travail, donc à favoriser les compétences métacognitives et réflexives des élèves. Cela constitue une forme de résistance à une technologie qui dissimule volontiers les mécanismes de fabrication des contenus qu’elle nous livre. En refusant le jeu de cache-cache, pédagogiquement nocif, l’Ecole peut tenter de restaurer une relation de confiance et de retrouver de la sérénité.
Jean-Michel Le Baut
Sur le site lettres de l’académie de Lyon
Thibaud Hayette dans Le café pédagogique
