À Rennes, comme ailleurs, des mineurs étrangers isolés sont souvent laissés à la rue, faute de prise en charge par l’Aide Sociale à l’Enfance (ASE). Face à ces défaillances, des associations et bénévoles – dont beaucoup d’enseignants – se mobilisent pour offrir un accompagnement éducatif, social et humain, dans un élan de solidarité citoyenne.
Des jeunes laissés à eux-mêmes
En France, sept jeunes sur dix voient leur minorité contestée à leur arrivée et se retrouvent sans protection ni hébergement. Ces jeunes évoluent dans une zone grise juridique, sans représentant légal et sans reconnaissance officielle de leur minorité. Ils ne peuvent ni accéder aux droits des mineurs, ni agir comme des adultes. Pendant plusieurs mois, leur survie dépend entièrement des associations.
Le Préau 35 : un collectif solidaire
Depuis juillet 2025, Le Préau 35 accompagne ces jeunes vulnérables. L’association propose des ateliers pédagogiques pour remettre à niveau le français et les mathématiques, comprendre le fonctionnement des institutions, prendre rendez-vous chez le médecin, et préparer leur vie quotidienne.
Un réseau d’hébergement citoyen complète l’action, mobilisant particuliers, hôtels et structures religieuses. « Nous ne voulons pas nous substituer à l’État, mais face à une situation de plus en plus compliquée, nous constatons que les obstacles se multiplient. Nous mobilisons tous nos moyens pour aider ces jeunes », explique Damien Macquart, co-président du Préau 35.
La solidarité comme moteur
« Les jeunes ont envie d’apprendre et de reconstruire un parcours normal. Sans l’aide des bénévoles, beaucoup resteraient à la rue », rappelle Damien Macquart. Aujourd’hui, plus de soixante jeunes participent aux ateliers du Préau 35, nous explique-t-il. L’association illustre que la mobilisation citoyenne est essentielle pour pallier les carences institutionnelles et permettre aux jeunes de reconstruire leur parcours. Il décrit deux parcours.
Qui sont ces jeunes mineurs étrangers isolés ?
Junior a 16 ans. Il est originaire de la République démocratique du Congo, il a perdu ses parents dans un accident. Remis à la rue à son arrivée à Rennes, il survit grâce aux bénévoles, suit un apprentissage et fait authentifier ses documents. Sa minorité est finalement reconnue après dix-huit mois de combats administratifs.
Antonio a 17 ans, il est originaire d’Angola. Il est contesté par l’ASE à son arrivée et vit plusieurs mois à la rue. Avec l’aide du Préau 35 et d’une avocate, il obtient la reconnaissance de sa minorité, accédant à la protection de l’enfance.
Djéhanne Gani
