Nuit noire, nuit blanche, d’Alice de Nussy, ill. Stéphane Kiehl, Ed. Grasset
Avoir peur du noir et aimer la nuit… telle est l’entrée dans ce magnifique album aux illustrations tout en clair-obscur. On est plongé dans l’obscurité de la nuit avec cette double assertion, avant que ne soit déclinées ces oppositions tout au long des pages dans lesquelles le noir, comme dans les œuvres de Soulages, fait naître la lumière.
J’ai peur de la pénombre, j’aime la douce clarté des étoiles : les juxtapositions sont poétiques et chargées de sentiments paradoxaux tels que les ressentent enfants et plus grands. J’ai peur de la ville la nuit, et pourtant j’aime les lumières qui l’illuminent. Les flots sombres de l’océan la nuit sont confrontés au reflet de la lune sur la mer. La grotte humide et la douce caverne sous la couette, les bruits mystérieux et le calme nocturne, les cauchemars et les rêves… tous les sens sont convoqués, et les sentiments profonds, ambivalents, font de ce voyage dans le noir un formidable moment pour revisiter ses propres émotions.
Une belle occasion pour se réconcilier avec la nuit pour ceux qui en ont si peur qu’ils en oublient la beauté et la douceur.
Léonie de nuit, de Sara Gréselle, Ed. Versant Sud
Léonie observe les étoiles, la nuit, avec son télescope. Elle rêve d’espace et d’univers lointains… Et voilà qu’une nuit, après avoir suivi des yeux une étoile filante, une panthère, noire et lumineuse des étoiles qui marquent son pelage, est devant sa fenêtre. Si belle que Léonie n’hésite pas longtemps avant de la rejoindre.
Tombé du ciel, l’animal ne pourra rejoindre son monde qu’en trouvant un lac, afin que le reflet des étoiles dans l’eau le ramène chez lui. Léonie va chevaucher la panthère pour la conduire vers l’eau qui peut la sauver. Elles cheminent à travers la nuit, traversant la forêt, puis une grotte. Elles y entendent les bruits de la nuit, et y croisent les animaux nocturnes… Elles y confrontent aussi leurs vécus : les galaxies de l’une, et les vacances chez mamie pour l’autre, parfois leurs désaccords (car si la panthère attraperait bien ce petit lapin, Léonie n’est pas du tout d’accord) ! Au bord du lac, que va-t-il se passer ?
Les illustrations aux jolis tons de bleus, sont d’une grande complémentarité avec le texte poétique, éclairant émotions et évènements avec douceur et même humour. Très joli !
Marianne Baby
