Dans son collège de 1974 en Isère, Stéphanie voit ses collégiens qui subissent la chaleur. « Peu étaient habillés de vêtements légers. Jean, baskets, jogging synthétique plus souvent que short, bermuda ou jupe. Certains n’avaient pas de gourde alors qu’elles sont autorisées depuis la Covid ». De nombreux témoignages sont reçus à la Rédaction du Café pédagogique depuis ce mardi.
Face aux épisodes de chaleur de plus en plus fréquents, les établissements scolaires multiplient les ajustements de dernière minute pour tenter de maintenir des conditions d’accueil supportables.
Mardi 26 mai, le Ministère de l’Education nationale a adressé un courrier « aux directrices et directeurs d’école, aux cheffes et chefs d’établissement, ainsi qu’aux chefs de centres d’examen des consignes opérationnelles afin d’adapter l’organisation des écoles, des collèges, des lycées et des examens, et de garantir la sécurité et le bien-être des élèves, des candidats et des personnels. Cet épisode intervient à un moment particulièrement important de l’année scolaire, marqué par la tenue successive de plusieurs examens nationaux : les épreuves écrites du baccalauréat professionnel se poursuivent le 28 mai, celles du CAP se tiendront les 8 et 9 juin, celles des voies générale et technologique du 11 au 18 juin, et celles du diplôme national du brevet les 26, 29 et 30 juin. Le calendrier des épreuves écrites a été conçu pour tenir compte des contraintes saisonnières, les épreuves étant organisées, dans la mesure du possible, en matinée, afin de préserver des conditions de passation optimales pour les candidats ».
Dans la suite du courrier, le ministère de l’Éducation nationale demande aux établissements d’adapter leur fonctionnement et rappelle quelques recommandations pratiques : privilégier les salles à l’ombre, fermer stores et volets, garantir l’accès à l’eau potable et limiter les activités physiques aux heures les plus chaudes… Il demande une vigilance particulière pour les élèves, candidats et personnels fragiles ou en situation de handicap. Les parents sont aussi invités à prévoir des vêtements légers, casquettes et protections solaires pour les enfants.
Mais pour le Snpden-Unsa, ces mesures relèvent surtout du « bricolage » dans des établissements qui sont de véritables passoires thermiques. Lors de la conférence de presse du 26 mai, le syndicat évoque avant tout des « ajustements de bon sens », liés à la vie quotidienne des établissements et à la responsabilité partagée entre l’institution et les parents d’élèves.
Dans la continuité des consignes rappelées par le ministère de l’Éducation nationale ce matin-là, les établissements mettent en place des mesures simples comme aérer les salles la nuit, fermer fenêtres et stores en journée, limiter l’exposition au soleil, adapter ponctuellement certaines salles ou certains horaires.
« On fait ce qu’on peut », résument plusieurs personnels de direction.
ET concrètement ? cela passe par des changements de salles pour éviter les espaces les plus exposés, des rappels réguliers des gestes de prévention, l’accès facilité à l’eau ou encore des recommandations pour se protéger du soleil et de la chaleur. Mais ces ajustements restent limités. « Les marges sur les ajustements d’horaires, c’est rien », soulignent les représentants des chefs d’établissement.
« Une grande partie du bâti n’est pas adaptée »
Pour le SNPDEN-UNSA, la question de fond reste donc celle du bâti scolaire. « Une grande partie des bâtiments n’est pas adaptée », alertent les personnels de direction. Le problème est le même en hiver et en été avec des établissements mal isolés, difficiles à chauffer pendant les périodes froides et qui deviennent de véritables passoires thermiques lors des vagues de chaleur.
Les chefs d’établissement plaident pour un travail renforcé avec les collectivités territoriales, responsables des bâtiments scolaires, afin d’engager des rénovations plus lourdes telles que l’isolation ou encore la végétalisation. Mais cela a un coût ! À Paris, la transformation d’une cour d’école peut représenter un investissement d’environ 100 000 euros.
« Tous les ans, on revit les mêmes épisodes »
Pour les personnels de direction, les épisodes de forte chaleur ne sont plus exceptionnels mais deviennent récurrents. « Tous les ans, on a maintenant des épisodes de chaleur », rappellent-ils. « On bricole, en fait », « Comme les parents avec leurs enfants à la maison : on ne va pas tous installer une climatisation. »
Mais derrière ces ajustements ponctuels, les chefs d’établissement pointent l’enjeu de l’adaptation du parc scolaire au changement climatique.
Djéhanne Gani
Dans Le Café pédagogique
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