Le meilleur moment de la journée, d’Eglantine Ceulemans, Ed. Les Arènes
Lorsque Papa vient nous dire bonsoir, il nous pose toujours la même question : « Quel a été la meilleur moment de votre journée ? ». Pas facile pour ces enfants de répondre, tant les évènements qui s’enchaînent depuis leur réveil sont porteurs de moments suspendus qui restent en mémoire le soir venu ! Un coq qui rentre dans la chambre, des crêpes au petit-déjeuner, un concours de grimaces, une course sous l’orage, des plats qui tombent au restaurant…
Les illustrations tendres et colorées nous font partager le quotidien de cette petite famille, avec nombre de détails à la fois mignons et loufoques, notamment lorsqu’on s’amuse à retrouver la poule (et ses poussins parfois) et le chien de la maison au fil des pages.
Une ode à la joie et aux souvenirs inoubliables, comme prendre pour la première fois son petit frère dans ses bras et le regarder s’endormir. Tout cela dans une atmosphère où les bêtises et les tracas entraînent des fous rires.
Un album pour réenchanter le quotidien des petits et de leurs parents, réinterroger ses journées en se demandant quels en ont été les petits ou grands bonheurs.
Fanfare, d’Anne Cortet, ill. Julia Wauters, Ed. Sarbacane
Un village tranquille, soudain traversé d’étrangers qui s’installent et font du bruit : « Mais bon sang de bonsoir ! C’est quoi, ce boucan ! ». Les habitants ne sont vraiment pas contents : « C’est quoi ? c’est qui ? On n’en veut plus ! Jetons-les dehors ! ». Mais justement, c’est bien en dehors de leurs maisons que tout le village est entraîné par ces bruyants intrus : « Ils nous font sortir de nos maisons ! ». Pour le lecteur qui a assisté, via l’image, aux répétitions musicales, la fête est réjouissante : les étrangers font danser tout le village. Ensemble, toute une nuit !
Célébrer l’accueil et l’ouverture aux autres à travers la musique et la fête, c’est vraiment d’actualité… Et le faire à travers un album aux illustrations fines, originales, pleine de fantaisie, avec un superbe travail au tampon, cela permet de profiter de cette fable optimiste. Car après cette grosse fête, les habitants essaient de retenir ces drôles d’oiseaux migrateurs dont ils ne voulaient pas au départ : « Non, ne partez pas ! Ne partez plus ! Nous ne savions pas, on ne nous avait rien dit du bonheur et de la joie. » Ils reviendront, c’est promis, mais… « d’ici-là, n’oubliez pas de rester comme aujourd’hui. »
Marianne Baby
