Malgré 54 départements en vigilance rouge et de nombreuses classes qui dépassent les 35°C, le ministère décide, à ce stade, de maintenir le DNB vendredi matin. Officiellement plus de 5350 établissements sont impactés. Edouard Geffray maintient sa méthode en ne prenant pas de mesures nationales. Pourtant avoir deux périodes de canicule en période scolaire demeure inédit. Le ministre souhaite des oraux l’après-midi pour 2027…
Plus de 1 300 établissements fermés, 4042 aménagements
1352 écoles et collèges sont fermés et 4 042 aménagements ont été recensés, portant principalement sur les horaires d’accueil des élèves afin d’éviter les périodes les plus chaudes de la journée : lors d’une conférence de presse, le ministre Edouard Geffray a fait un point de situation. ce lundi 22 juin 2026 à 15h. Le ministère maintient les examens du matin : « tout ce qui a lieu le matin peut avoir lieu le matin » et « tous les oraux qui doivent avoir lieu le matin cette semaine sont maintenus ».
Selon le ministre, « les candidats dans l’immense majorité des cas passeront comme prévu à l’heure où ils ont été convoqués grâce aux aménagements prévus ». Au total, 5 233 candidats ont toutefois dû être reconvoqués.
Et pour les épreuves écrites du brevet ? Il a toutefois précisé que « en fonction des prévisions et de l’évolution des prévisions de Météo-France, on verra sous 48 heures maximum s’il y a lieu de prendre une décision différente ».
Le ministre de l’Éducation nationale a indiqué que les collèges concernés seraient fermés à partir de mercredi afin que les bâtiments puissent être « plus abrités des mouvements de chaleur ». Mais beaucoup de collèges ont annoncé être ouverts mercredi et jeudi, notamment pour les révisions des élèves de 3e.
Les témoignages des professeurs affluent auprès de la rédaction du Café pédagogique avec des températures insoutenables : comment passer des heures dans une salle à composer ? « Jeudi notre collège est ouvert ! On fait cours avec des révisions pour les 3e », écrit cet enseignant. « Passer 4h dans une salle dans laquelle il fait plus de 32°C, tout le monde ne le tolère pas ! Réfléchir dans ces conditions sera extrêmement difficile ! », clame une autre enseignante.
« Pas de règle nationale »
« Nous maintenons la même doctrine pour les examens », a affirmé le ministre. Face aux critiques sur l’absence de seuil national déclenchant automatiquement des fermetures, le ministre a défendu une gestion territorialisée de la situation. « Une doctrine universelle face à un phénomène aussi variable et par rapport auquel les équipements sont dans une situation aussi différente que celle de nos écoles actuellement n’a aucun sens », a-t-il déclaré. « La réponse est forcément locale. » Le ministre a également rejeté l’idée d’un seuil de température unique, estimant que l’accueil des élèves dépend « des conditions effectives d’accueil » et non d’un simple thermomètre.
Mais il a néanmoins rappelé un principe et critère : « À partir du moment où la sécurité des enfants ou des personnels est susceptible d’être mise en cause, la fermeture doit être réelle et sans faiblir. » Est-ce que d’ici vendredi, alors que les prévisions météorologiques annoncent la poursuite de température caniculaire, l’épreuve de brevet sera reportée ou maintenue « sans faiblir » ?
L’objectif est d’« adapter l’organisation matérielle des examens, pour faire en sorte que les candidats les passent dans les meilleures conditions possibles et que les personnels les fassent passer dans les meilleures conditions possibles », a souligné le ministre, rappelant être également responsable de près de 1,2 million de personnels de l’Éducation nationale.
Vers un nouveau calendrier des examens en 2027 ?
Si les dates des examens ne seront pas modifiées cette année, le gouvernement ouvre la porte à une réflexion plus large pour les années à venir. Le ministre a annoncé qu’un travail serait engagé dès cet été « pour faire en sorte d’avoir un calendrier qui soit adapté à ces modalités ». Parmi les pistes envisagées figure un déplacement des épreuves écrites, voire orales, vers le matin. « Plus d’épreuves les après-midi, écrites voire même orales : l’évolution de la situation nous conduits à l’envisager de manière sérieuse », a indiqué le ministre.
Il a toutefois exclu tout changement immédiat des dates d’examen. Et pas évoqué la question de la durée des vacances d’été, jugées trop longues, mais cela, c’était peut-être avant la canicule 2026…
Cette réflexion autour du calendrier scolaire devra tenir compte d’un autre impératif, celui des épreuves trop précoces dans l’année scolaire, qui peuvent avoir un « effet démobilisateur sur les élèves », comme cela avait été observé lors de la réforme Blanquer, que l’ancien Dgesco ne connait que trop bien.
Djéhanne Gani
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