Un tableau noir. C’est le constat dressé par le SE-UNSA à partir de son Baromètre UNSA Éducation 2026 auprès de 42 000 personnels. Et un chiffre vertigineux : 0,3 % seulement des personnels se déclarent confiants dans l’avenir du système éducatif. Derrière ce chiffre, le syndicat voit l’expression d’une défiance profonde envers les politiques éducatives menées ces dernières années, alors même que les personnels restent convaincus de l’utilité de leur métier.
« Beaucoup de colère, beaucoup d’amertume »
« Un tableau noir » : c’est ainsi qu’Elisabeth Allain-Moreno, Secrétaire générale du SE-UNSA décrit le bilan des réformes éducatives, après dix ans de macronisme. Avec « beaucoup de colère, beaucoup d’amertume », elle dénonce « un désengagement total » de l’État dans le service public d’éducation. Pour le syndicat, les politiques menées ces dernières années n’ont pas permis d’adapter l’École aux évolutions de la société. Au contraire, il dénonce des réponses cherchées « dans le passé » sans tenir compte des transformations nécessaires : cyberattaques, évolution des usages numériques, nouvelles attentes des familles ou encore enjeux d’inclusion.
« Non seulement il n’y a pas d’adéquation d’une école qui devrait être transformée, mais [il y a] aggravation », résume la secrétaire générale, qui redoute une rentrée « de tous les défis » car « les moyens ne suivent pas », déclare-t-elle lors de la conférence de presse de rentrée, mardi 15 août.
Une défiance massive envers les choix éducatifs
Le chiffre de 0,3 % résume à lui seul, selon le SE-UNSA, la situation : « ce n’est pas une simple donnée, c’est le signe d’une défiance entre les personnels et les politiques éducatives menées ces dernières années ». Défiance qui ne signifie pas que les personnels ne croient plus en leur métier, explique la secrétaire générale, convaincue que les personnels ne doutent pas de son utilité, mais qu’ils ont « perdu confiance ». Pour le syndicat, ce « tableau noir » doit être regardé « avec lucidité et responsabilité ».
Les chiffres du baromètre présenté mardi 25 août confirment ce rejet : 91 % des personnels ne se sentent pas en accord avec les choix politiques en matière d’éducation, tandis que 70 % estiment que les réformes ne répondent pas à leurs besoins. C’est la même proportion des répondants (71%) qui ne ressent ni respect ni reconnaissance.
91 % souhaitent être consultés avant toute grande réforme éducative
Les personnels demandent également à être davantage associés aux décisions qui concernent leur métier : 91 % souhaitent être consultés avant toute grande réforme éducative. Seuls 27 % considèrent que les décisions devraient davantage s’appuyer sur la recherche, tandis que 8 % privilégient les consultations citoyennes.
Autre attente forte : profiter de la baisse démographique pour améliorer les conditions d’apprentissage. 88 % des personnels estiment qu’elle doit permettre de réduire le nombre d’élèves par classe.
Pour le SE-UNSA, ces résultats dessinent une rentrée placée sous le signe du pessimisme, mais aussi de fortes attentes : être écoutés, disposer de moyens suffisants et pouvoir exercer leur métier dans des conditions à la hauteur des besoins des élèves. Autant de chiffres et de messages de rentrée pour des candidats à la présidentielle.
Djéhanne Gani
