« Comment faire avec rien ? » demandent les personnels de direction. Ils alertent sur les moyens manquants. Baisse des enveloppes budgétaires, postes non pourvus, calendrier du nouveau concours, nouvelles injonctions ministérielles : pour le syndicat des personnels de direction, les établissements doivent désormais faire toujours plus avec des moyens en diminution.
Des dotations en berne : « Où sont les moyens ? »
« Comment faire avec rien ? » La question résume, selon le Snpden-Unsa, l’état d’esprit des équipes de direction en cette rentrée 2026. Lors de sa conférence de presse du jeudi 10 sepetmbre, le syndicat a présenté son traditionnel baromètre et alerté sur la diminution des moyens disponibles pour mettre en œuvre les politiques éducatives.
Le syndicat pointe notamment les enveloppes consacrées à plusieurs dispositifs. « On n’a plus les moyens de financer même des dispositifs obligatoires », alerte-t-il, en évoquant notamment les dispositifs d’accompagnement en sixième.
L’enveloppe du Pacte a diminué de moitié avec des conséquences concrètes dans la mise en œuvre de dispositifs obligatoires, au collège comme au lycée, comme dans la voie professionnelle. « Tous les dispositifs de la voie professionnelle qui s’appuient sur le Pacte sont concernés. Avenir Pro n’est plus possible à mettre en place parce qu’on n’a plus les moyens de le faire : tous les dispositifs de la voie pro s’appuient quasi exclusivement sur le Pacte », dénonce le syndicat.
À cela s’ajoutent la raréfaction des HSE et les incertitudes concernant le Pass Culture.
Des personnels manquants et des directions en « mode dégradé »
La question des moyens ne concerne pas seulement les crédits. « La problématique majeure aujourd’hui, c’est la nomination des personnels et les remplacements de longue durée », souligne le syndicat, toutes catégories de personnels confondues.
Le manque de personnels reste une difficulté majeure de cette rentrée.
« Un CPE absent, un personnel administratif non remplacé, un adjoint manquant, un assistant social non nommé ont des conséquences immédiates sur le fonctionnement quotidien de l’établissement et sur la charge de travail des équipes de direction. » Le syndicat dénonce une forme de banalisation face à ces absences qui a des effets sur la vie professionnelle comme personnelle. « On prend l’habitude de travailler avec un personnel de moins par-ci, un autre personnel par-là, et ça, ce n’est pas acceptable pour nous, parce qu’on sait tous qu’on est déjà sous-administrés de ce point de vue. »
Une situation qui ne peut, selon lui, durer.
« On ne peut pas demander durablement aux équipes de direction de compenser chaque poste vacant, chaque crédit supprimé et chaque dysfonctionnement supplémentaire. »
Selon le baromètre présenté par le syndicat, 65 % des établissements déclarent manquer d’au moins un enseignant à la rentrée, contre 60 % l’année précédente. Près de quatre établissements sur dix signalent même plusieurs postes non pourvus. Pour les personnels de direction, cette situation entraîne un fonctionnement en mode dégradé, souligne le Secrétaire général Bruno Bobkiewicz.
Une satisfaction en baisse sur la gestion des examens
Le baromètre fait enfin apparaître une dégradation de l’appréciation portée sur la gestion des examens : les épisodes de canicule ont pesé sur les établissements. Le nouveau calendrier avec des examens est bien accueilli.
Plus largement, l’insatisfaction progresse concernant certains choix et orientations ministériels. Une évolution résumée avec ironie par le syndicat : « Le niveau d’insatisfaction a assez largement baissé sur les orientations et choix ministériels. Enfin, on peut être satisfait du fait qu’il ne se passe rien. »
Derrière cette formule, le message du Snpden-Unsa est clair, les personnels de direction alertent sur l’écart croissant entre les injonctions et les moyens réellement disponibles pour les appliquer.
Une rentrée perturbée par le nouveau concours
« Un certain nombre d’obstacles sont venus entraver cette rentrée scolaire et même cette préparation de rentrée scolaire puisque les obstacles ont débuté pour nous dès le milieu de l’été. Puisque, comme vous savez, les nouveaux concours, le double concours, le calendrier des concours, ont retardé les nominations des stagiaires dans les académies. » explique Bruno Bobkiewicz, secrétaire général du Snpden-Unsa. La rentrée a également été compliquée par le calendrier du nouveau concours enseignant et les affectations tardives des stagiaires. Cette situation a notamment créé de fortes tensions dans la construction des emplois du temps, en particulier pour les adjoints chargés de leur élaboration.
Et la cyberattaque ? Bien sûr, elle a perturbé la rentrée… Les chefs d’établissement ont néanmoins trouvé un avantage inattendu à cette pause numérique : celui de réduire la pression des sollicitations numériques. « De ne pas être perturbés systématiquement par des injonctions mail de l’administration, finalement, ça a aussi quelques vertus ». A bon entendeur.
Djéhanne Gani
