Après plusieurs jours de mobilisation et de perturbations dans les lycées, le ministère veut organiser le retour en classe et ouvrir un temps de dialogue. Dans les établissements les plus touchés, la reprise pourra être progressive. Suite à la prise de parole de Sébastien Lecornu, premier ministre, le ministère de l’Education nationale appelle les lycéens à participer à la consultation nationale ouverte jusqu’au 23 octobre.
Dans son courrier du 6 octobre adressé aux recteurs, la rue de Grenelle indique « qu’il convient de permettre, dès mercredi 7 octobre, une reprise des enseignements dans les meilleures conditions, tout en offrant aux élèves un espace pour exprimer leurs préoccupations et faire part de leurs attentes. Cette reprise doit s’effectuer en prenant en compte la sécurité des personnes et des biens. Dans les établissements les plus touchés, une reprise progressive sera privilégiée en commençant par les classes de terminale. La première demi-journée pourra être banalisée, en adaptant son organisation aux configurations et aux contraintes locales, notamment en matière de transport scolaire ou d’internat. Par ailleurs, ces dispositions peuvent s’appliquer aussi aux établissements dont les cours n’ont pas été suspendus ».
Le ministère voit « une reprise sur deux temps successifs : un premier destiné aux équipes de direction et aux personnels, afin de leur permettre de se retrouver, de partager les informations utiles et de préparer collectivement les conditions de reprise ; un second consacré à l’accueil et à l’échange avec les élèves sous la conduite de l’équipe pédagogique et éducative ».
Cette volonté de recueillir la parole n’est pas sans rappeler le Grand débat national lancé en 2019 après la crise des Gilets jaunes. Des milliers de « cahiers citoyens » avaient alors recueilli les attentes et doléances des Français. Une synthèse avait été réalisée et le débat avait été suivi de plusieurs annonces présidentielles. Quel a été le devenir de ces contributions ? Près de 20 000 cahiers ont été numérisés puis conservés aux Archives nationales et départementales… Sept ans après le Grand débat, la consultation des lycéens pose aussi la question sur le devenir des propositions recueillies à quelques mois des élections.
« Nous invitons donc les lycéens à ne pas se tromper d’interlocuteur »
« Ces annonces, largement relayées par les médias et réseaux sociaux sont irréalisables et irresponsables », écrit le Snpden Unsa de Dijon. « La demande du ministre d’organiser un dialogue social au sein des établissements, ne doit pas laisser croire que les solutions recherchées ne seraient que locales. Le SNPDEN-UNSA alerte depuis longtemps sur les conséquences désastreuses de classes surchargées, le manque de personnels, l’absence de remplacement, la crise d’attractivité de métiers de l’Education, la perte de pouvoir d’achat des personnels, la multiplication des réformes impensées et non concertées ou la bureautechnocratie centralisée très éloignée des besoins réels de nos communautés scolaires. Nous invitons donc les lycéens à ne pas se tromper d’interlocuteur. Comme eux, les personnels des établissements scolaires subissent la baisse des moyens affectés, l’absence de remplacement, ou le vieillissement de certains bâtiments scolaires. »
