Il n’en est pas peu fier comme on peut le voir dès le début de son intervention au Sénat le 4 juillet 1995 : « Cette séance du Sénat marquera une date importante dans l’histoire de notre passion nationale pour l’école : c’est en effet la première fois que l’éducation va faire l’objet d’une loi de programmation. Le principe de la programmation a été le sujet d’innombrables débats : elle a été réclamée à cor et à cri par les uns, refusée en termes non moins vifs par les autres. Aujourd’hui, un accord général existe autour de l’idée que l’œuvre éducative et les dépenses qu’elle implique méritent de la part de la nation un projet en perspective dans le temps. Ce texte de loi fait suite à une concertation très large qui a été lancée au début de 1994 et qui a permis la mise au point, puis la mise en œuvre de ce que nous avons appelé le »nouveau contrat pour l’école » ».
Loi de programmation, loi d’objectifs
A vrai dire le terme attendu de « programmation » est bien dans le projet de loi, mais il n’est à aucun moment associé au mot « budget ». D’ailleurs, Matignon s’est empressé de préciser qu’il s’agissait d’« une loi d’objectifs et non d’une loi de programmation budgétaire stricto sensu ».
Une deuxième curiosité majeure concerne ce que François Bayrou appelle « la réforme des cycles au collège» qui est »diablement » significative de la »méthode Bayrou ». Que dit-il ?
» La réforme des cycles du collège est au coeur du débat sur l’amélioration de l’école […] Le nouveau contrat pour l’école et l’article 2 de ce projet de loi proposent de consacrer le passage à trois cycles d’enseignement : un cycle d’observation en sixième, qui permettra, chaque fois que nécessaire, une remise à niveau et l’aide la plus personnalisée possible, un cycle d’approfondissement en cinquième et en quatrième, et un cycle d’orientation en troisième »
Il y avait deux cycles successifs de deux ans au collège. La loi de « programmation » Bayrou prétend mettre en place trois cycles alors qu’en fait il n’en reste plus qu’un (celui recouvrant la classe de cinquième et quatrième) puisque les deux autres »cycles » sont des abus de terme (celui de sixième et celui de troisième) car qu’est-ce qu’un »cycle » qui ne comporte qu’une classe ? Un bel exemple de »méthode Bayrou » à méditer…
Claude Lelièvre
