Le 23 juin 2025, Israël bombardait la prison d’Evin à Téhéran où Cécile et Jacques étaient incarcéré·es. Quelles sont les nouvelles ? Sait-on où iels ont été déplacé·es et quelles sont actuellement leurs conditions de détention ?
Depuis ces bombardements terrifiants, la situation de Cécile et Jacques est encore plus préoccupante. Le 1er juillet, une visite consulaire de 35 minutes a permis de les voir vivants mais très éprouvés. Ils avaient été transférés pour la visite consulaire à la prison de Borzhog, sous haute surveillance. Ils nous ont décrit la violence des frappes, la présence de blessés parmi les codétenus, l’évacuation en urgence.
Cécile a été déplacée plusieurs fois, vers un lieu qu’elle-même ignore à ce jour. Elle a perdu toutes ses affaires pendant l’évacuation, et ne dispose d’aucune ressource dans sa cellule. Elle dort à même le sol. Jacques a aussi été transféré dans un endroit tenu secret, seul dans une cellule vide, sans lunettes adaptées à sa vue. Leurs droits internationaux sont bafoués, ils sont privés de toute ressource matérielle, séparés, et maintenus dans une détresse totale.
Pire, depuis le 1er juillet, nous n’avons plus aucune nouvelle d’eux. Nous ne savons pas où ils se trouvent, ni dans quelles conditions ils survivent. Leur séparation, leur isolement et l’opacité totale imposée par les autorités iraniennes nourrissent une inquiétude extrême. Nous craignons le pire quant à leur état de santé.
La période estivale rend souvent la mobilisation plus difficile. Les initiatives se sont pourtant multipliées tout l’été : un élan essentiel porteur d’espoir ?
Des membres du comité se sont mobilisés sur le Tour de France masculin et féminin. Plusieurs mairies – Bordeaux, Angers, Gennevilliers, Paris Centre, Strasbourg, Colmar et d’autres en Alsace – ont affiché en permanence des banderoles exigeant leur libération. Des opérations de collage, de distribution de flyers sur les marchés, dans le métro, ont maintenu la visibilité.
Ces gestes, qui peuvent être simples, portent un immense espoir : chaque affiche, chaque banderole, chaque photo partagée est une manière de rappeler que Cécile et Jacques existent et qu’ils doivent nous revenir immédiatement.
La rentrée scolaire peut être l’occasion de donner une nouvelle impulsion à cet élan. Comment la communauté éducative peut-elle aider à la mobilisation : informer les collègues, prendre la parole en CA, afficher les portraits de Cécile et Jacques dans les salles de profs ? …
– Informer en relayant la situation en conseil d’administration, en plénière, lors des échanges avec les parents d’élèves, interpeller les élus locaux, etc. ;
– Afficher les portraits de Cécile et Jacques dans les salles de professeurs, à l’entrée du lycée, sur la devanture des différents rectorats, pour que leurs visages soient vus chaque jour et partout. Tous nos visuels sont disponibles ici (affiches, banderoles, flyers…) ;
– Relayer nos messages sur les réseaux sociaux : chaque partage compte pour maintenir l’attention médiatique et pour interpeller les élus. Vous pouvez signer et partager notre pétition ;
– Participer aux rassemblements organisés le 25 septembre partout en France, ou en initier dans sa propre ville comme cela avait été fait le 7 mai pour les 3 ans de détention arbitraire de Cécile et de Jacques. N’hésitez pas à nous contacter pour vous faire aider ;
– Soutenir financièrement l’association Liberté pour Cécile, qui a besoin de fonds pour imprimer les visuels, pour organiser les rassemblements et événements (location de matériel par exemple), et pour se déplacer pour les interviews et les RDV d’élus. Vous pouvez faire un don ou adhérer à l’association Liberté pour Cécile.
Chaque professeur, membre de direction et administration, membre de vie scolaire, AESH, agent d’entretien, de cuisine, d’accueil, médecin scolaire, infirmier, chaque personnel de l’éducation nationale peut devenir un relais, même à travers une action simple. Votre aide nous est précieuse.
Cécile aura 41 ans le 25 septembre prochain. Ce sera son quatrième anniversaire en captivité. Des rassemblements et actions prévu·es pour cette occasion ?
Le jeudi 25 septembre, un grand rassemblement est prévu à Paris, autour de 19h (précisions à venir sur le site du comité) pour marquer ce quatrième anniversaire derrière les barreaux. D’autres rassemblements sont prévus à Dijon, Bordeaux, Alençon, Rennes, Montpellier (info bientôt dispo sur le site).
Ces rassemblements seront l’occasion de réaffirmer publiquement notre exigence : Cécile et Jacques doivent être libérés immédiatement et sans condition. Ce sera aussi un moment pour montrer à Cécile et Jacques, si jamais l’information leur parvient, qu’ils ne sont pas oubliés et que nous continuons à nous battre.
Aujourd’hui où en est la situation ? Entrevoit-on des signes de déblocage et d’espoir de solution ?
Aujourd’hui, il n’y a pas de signe concret d’amélioration. Au contraire, le silence imposé depuis le 1er juillet, les déplacements subis et le secret sur leur lieu de détention renforcent notre angoisse et nos pires craintes pour leur santé.
Les accusations portées contre eux sont mensongères et absurdes. Ils sont désormais inculpés « d’espionnage pour le Mossad », « de complot pour renverser le régime », et de « corruption sur terre », trois chefs d’accusation passibles de la peine de mort. Nous n’avons aucun calendrier judiciaire, aucun accès possible pour Cécile et Jacques à des avocats indépendants depuis plus de 1212 jours.
Mais nous gardons espoir car la mobilisation en France grandit, et chaque mobilisation citoyenne accroît la pression. La communauté éducative, les élus, les médias, chacun peut contribuer à empêcher l’oubli. La seule voie possible est de maintenir la pression et de rappeler inlassablement que Cécile et Jacques sont des otages d’État, qu’ils doivent être rapatriés immédiatement et sans condition.
Propos recueillis par Claire Berest
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