Une suppression incompréhensible
C’est l’incompréhension et la douche froide pour les étudiant.es inscrit.es en chinois quand ils découvrent les chiffres des postes au concours de recrutement. Aucun poste en chinois au CAPES externe ! Un courrier a été envoyé aux ministères concernés pour demander la réouverture du CAPES externe de chinois dès 2026, accompagné d’une pétition réunissant plus de 1 300 signataires.
Une discipline pourtant essentielle
Pour les signataires, la fermeture ne représente aucune économie réelle mais fragilise une discipline essentielle pour le service public et la diversité linguistique. La lettre envoyée rappelle qu’ « En 2025, seuls quatre postes avaient été proposés au CAPES externe de chinois : la suppression de ces quelques postes ne représente donc aucune économie significative mais elle prive durablement la filière d’un débouché essentiel ».
Un poste supplémentaire au CAPES interne
Elle pointe aussi une incohérence avec un nombre de poste offert au capes interne qui augmente (+1), passant à 6 postes à la session 2026 : « Ce choix est difficile à comprendre pour les étudiants en master MEEF chinois à l’INSPÉ qui devaient se présenter au CAPES externe pour la session 2026 : alors que ce concours disparaît, l’interne demeure le seul concours ouvert, tandis que le CAPES externe et les agrégations externe et interne de chinois sont fermées » écrivent les signataires.
C’est une porte qui se ferme pour les étudiants déjà engagés dans un cursus parfois depuis 5 ans « dans la perspective d’une carrière dans l’enseignement public du chinois » contestent les signataires d’une lettre ouverte au ministre de l’éducation.
Pour Pauline Truong, enseignante de chinois et coordonnatrice du parcours MEEF chinois INSPÉ de Paris « cette décision met en péril la formation des enseignants, des étudiants en master MEEF chinois (près de 30 concernés à Paris et ailleurs, sans compter les étudiants de licence 3 qui auraient pu passer le concours dès cette année) ainsi que l’avenir d’une filière stratégique pour la France ».
Des étudiants démunis
Une quinzaine d’étudiants sont inscrits en M2 MEEF chinois à l’INSPÉ de Paris, auxquels s’ajoutent 16 étudiants de M1 dont l’avenir reste incertain faute de visibilité sur la tenue du concours en 2027. Cette situation fragilise leur engagement et menace la continuité d’une filière pourtant nécessaire. À l’échelle nationale, d’autres INSPÉ préparent au CAPES de chinois et l’INALCO forme, à elle seule, une centaine d’étudiants, confirmant l’existence d’un vivier important de futurs enseignants.
Un risque de privatisation
L’argument d’une supposée « ressource excédentaire » ne reflète pas la réalité : dans de nombreuses académies, surtout en province, près d’un quart des postes de chinois sont assurés par des contractuels faute de titulaires et de postes offerts au mouvement en baisse. Fermer le concours ne ferait qu’aggraver ce manque et cette évolution.
« Dans un contexte géopolitique où la maîtrise du chinois constitue un atout stratégique, la France doit pouvoir former ses propres enseignants, garants des valeurs de la République et de l’esprit critique que seul l’enseignement public assure » alertent les signataires de la lettre. Sans offre publique suffisante, l’apprentissage du chinois risque de se déplacer encore davantage vers des structures privées ou associatives, hors du cadre national, alors même que la demande est forte : le chinois est déjà la langue la plus choisie au CNED en LV2 ou LVB.
Cette décision, sans véritable gain budgétaire, fragilise une filière stratégique et remet en cause l’égalité entre les langues vivantes. Fermer le CAPES de chinois revient à affaiblir ce principe et à réduire la présence du chinois dans l’enseignement public.
Djéhanne Gani
Les Capes externes de chinois et de portugais ne sont pas ouverts en 2026
