On croyait l’affaire résolue, l’apaisement revenu….
Après s’être d’abord opposée, au nom d’une étrange atteinte à la laïcité, à ce que les élèves des écoles primaires de Commentry entonnent « Les Mains d’or » de Bernard Lavilliers à l’occasion du concert municipal de soutien du 28 mars, l’Education Nationale était finalement revenue quelques jours plus tard sur sa décision.
Entretemps, il est vrai, l’affaire avait fait grand bruit, et Bernard Lavilliers lui-même, se disant très surpris d’une telle décision, avait annoncé « tout faire pour venir les [les salarié·es] soutenir le 28 mars » dans le quotidien L’Humanité.
… Mais ça continue, encore et encore…
Car après les écoles primaires, c’est désormais à la chorale du collège que l’Education nationale veut s’attaquer.
Dans son édition du mardi 10 mars L’Humanité rend compte en effet d’ « un petit mot à la saveur amère » adressé par la principale du collège Émile-Mâle de Commentry « au lendemain de la rentrée des vacances d’hiver » aux élèves de la chorale « leur interdisa[nt] purement et simplement de participer au concert de l’Harmonie commentryenne, le 28 mars prochain » au nom de « l’obligation de neutralité de l’éducation nationale, le concert étant désormais affiché comme un soutien aux forges de la ville ».
Selon les informations recueillies par le quotidien, « la cheffe d’établissement aurait agi sous injonction orale de l’inspectrice académique de l’Allier ».
… C’est que le début ?
A l’occasion de cet événement la chorale du collège devait en effet elle aussi interpréter la chanson hommage aux sidérurgistes, parfaitement d’actualité dans le contexte commentryen. On a bien du mal à comprendre le bien-fondé d’un tel véto « alors même qu’au collège, le « parcours citoyen », vise à la construction, par l’élève, d’un jugement moral et civique, à l’acquisition d’un esprit critique et d’une culture de l’engagement » rappelle le journal L’Humanité.
« La hiérarchie de l’éducation nationale sort de son rôle pour s’adonner à une prise de position totalement déplacée », ajoute le représentant de la FSU de l’Allier, Vincent Présumey, qui explique avoir « interpellé la rectrice d’académie à propos de cette interdiction ».
On a aussi du mal à ne pas s’inquiéter de ce que cette frilosité, pour ne pas dire censure, signifie dans la période actuelle… ni de ce qu’elle peut annoncer pour les mois à venir…
Claire Berest
Article à retrouver sur le site de L’Humanité.
