Après l’agression violente d’une accompagnante d’élèves en situation de handicap le 30 mars dans une école primaire, la CGT Éduc’action 13 tire la sonnette d’alarme. Le syndicat pointe des défaillances graves dans la gestion de certaines situations d’inclusion et exige des réponses immédiates.
Une agression « de trop »
« Cette alerte sociale, c’est un ras-le-bol », lâche Monia Haddaoui, membre du bureau de la CGT Éduc’action 13. « Des AESH qui se font mordre, taper, ça arrive régulièrement. L’institution se sert des AESH comme des boucliers ».
Le lundi 30 mars, une accompagnante d’élèves en situation de handicap (AESH) a été violemment frappée au visage par un élève, dans l’exercice de ses fonctions. Pour les personnels du groupe scolaire Kalliste, cet épisode marque un point de rupture. Soutenues par leurs collègues et leurs organisations syndicales, les AESH ont déposé une alerte sociale. « Ce n’est pas un fait isolé, mais l’aboutissement d’une situation connue », insistent-ils.
Des alertes restées sans réponse
Selon les équipes éducatives, la situation de l’élève concerné posait problème depuis plusieurs semaines. L’élève était déjà été impliqué dans plusieurs épisodes de violence, dont une le 19 mars contre une autre AESH. L’enfant, qui a changé à plusieurs reprises d’établissement, est connu au sein de la circonscription. « Tout était signalé », assurent des personnels, évoquant des alertes répétées consignées dans le registre santé et sécurité au travail (SST). Pour autant, aucune réponse jugée suffisante n’aurait été mise en place. « L’institution a maintenu un accueil sans cadre adapté », déplorent-ils.
« On ne pointe pas l’enfant, mais l’absence de moyens »
La CGT 13 insiste : il ne s’agit pas de désigner l’élève. « Cet enfant ne va pas bien, il a besoin d’aide », souligne Monia Haddaoui. « La situation relève aussi du médico-social. » Le syndicat dénonce notamment une affectation jugée inadaptée, en l’absence de notification en cours de validité par la MDPH. « C’est un scandale. On demande une prise en charge prioritaire et adaptée pour cet enfant. » « On n’a pas une vision validiste à la CGT », poursuit-elle. « Mais aujourd’hui, les moyens ne sont pas là pour accompagner correctement certaines situations. »
Des AESH précaires et exposées
Pour les personnels et le syndicat, cette agression met aussi en lumière la précarité des AESH. « Elles sont très majoritairement des femmes — 97 % dans l’académie — souvent en situation de fragilité, parfois en familles monoparentales », souligne le syndicat. « Beaucoup n’osent pas se mettre en arrêt après une agression. Elles ont peur pour leur contrat. Alors elles se taisent », déplore Monia Haddaoui. Malgré ces conditions, « elles aiment leur métier et veulent continuer, mais sans statut et sans protection suffisante ».
« Les AESH ne peuvent pas être une solution par défaut »
Face à cette situation, les personnels exigent des mesures immédiates. Ils demandent la réunion en urgence de l’équipe de suivi de scolarisation afin de mettre en place une solution adaptée, en lien avec une structure médico-sociale (ITEP ou IME), ainsi qu’un aménagement du temps de scolarisation. Pour l’organisation syndicale, « les AESH ne peuvent plus être envoyées seules sur des situations de crise ».
La CGT réclame également une refonte des protocoles et un renforcement des mesures de protection, avec une évaluation systématique des risques en amont. Une audience avec l’administration est prévue pour obtenir des réponses concrètes et mettre fin à ces situations jugées dangereuses, tant pour les agents que pour les élèves.
Djéhanne Gani
