Qu’est-ce que la « fatigue de genre » ? L’expression, explique l’auteur, a été théorisée par l’universitaire Elisabeth Kelan, professeure à l’université de Cranfield, spécialiste des questions de diversité, au début des années 2000. Elle renvoie à « l’épuisement relatif à la défense et à la légitimation de son (identité de) genre, en réponse aux permanentes attentes sociales » et recouvre deux réalités auxquelles sont confrontées essentiellement les femmes, les personnes LGBTI+ et les personnes militantes. D’une part l’obligation de devoir justifier, expliquer en permanence son genre et/ou son engagement ; d’autre part la confrontation quotidienne à « l’oppression systémique et ses silenciations » et à la « tentation de l’autocensure et du renoncement » qui en découle.
Elle se fabrique au quotidien dans la confrontation, comme le montrent les nombreux témoignages rapportés dans l’ouvrage, aux injustices épistémiques, au patriarcat, à l’effacement de soi, à une hypervigilance … Et ses effets sont épuisants, voire destructeurs.
Apprendre à la combattre est donc nécessaire, mais sans abandonner la partie, explique l’auteur qui trace en conclusion quelques pistes pour « lutter de façon structurelle, à grande échelle, contre [ses] sources et [ses] effets », et « repenser ensemble l’espace et le progrès social ».
Un petit essai percutant et fort utile pour comprendre aussi ce que vivent, avec difficulté, et au quotidien, les personnes LGBTI+, adultes comme élèves, dans les établissements scolaires.
Claire Berest
