Marc Bloch, Non au déni de l’histoire, de Carole Trébor, Ed. Actes Sud Jeunesse
Le livre commence en juillet 40. Marc Bloch a déjà 56 ans, il vient d’être démobilisé et s’est réfugié avec les siens dans leur maison familiale à Fougères. Ce professeur d’université, historien, a combattu lors de la première guerre mondiale et a été promu capitaine et décoré de la croix de guerre en 1918, après l’armistice. Dès septembre 39, malgré son âge et ses 6 enfants, il s’engage en fervent patriote soucieux de défendre son pays. La propagande du gouvernement de Vichy qui met la capitulation sur le compte du Front Populaire, de la corruption du pays par les Juifs, les communistes et les francs-maçons, le pousse à prendre la plume : écrire par devoir, par responsabilité d’historien, de père, pour témoigner de la débâcle, analyser, démanteler les maillons du discours officiel mensonger.
En 41, il obtient un poste à l’université de Montpellier, malgré son statut de juif, mais la violence des attaques dont il fait l’objet pendant ses cours, l’amène, après avoir mis sa famille à l’abri, à rejoindre les rangs de la résistance. C’est à Lyon qu’il entre dans la clandestinité. S’il ne craint pas de prendre les armes, c’est à ses compétences d’intellectuel que les résistants font appel, pour des missions d’écriture, le sollicitant même pour penser les réformes lorsque le pays serait libéré. Son efficacité, son sens de la précision, la qualité de son raisonnement, son calme et son courage lui font gravir rapidement les échelons de l’organisation.
Arrêté en juin 44, torturé, il est fusillé avec une trentaine d’autres résistants, dix jours après le débarquement des alliés en Normandie. Son manuscrit L’étrange défaite, soigneusement caché pendant la guerre, est publié en 1946, participant à la mise en lumière de la collaboration de l’Etat français avec les nazis.
Ce récit de fiction, qui retrace ses dernières années, s’adresse aux enfants à partir de 12 ans, dans une démarche citoyenne autant que littéraire.
La paix est possible, de Rebecca June, ill. Emilie Gleason, Ed. Nöpp
Aux bruits des guerres qui font rage sur la planète, il est bon d’opposer des discours positifs, comme dans cet album qui se veut optimiste : la paix est possible ! En faisant le point sur différents thèmes, il s’agit de montrer des pistes qui permettent aux humains de vivre ensemble, en paix. Réfléchir à la notion d’appartenance à une voire plusieurs « communautés », rester créatif, connaître et mener des actions pacifistes, protéger la planète, éduquer, vivre la diversité…
Autant de chapitres déclinés d’abord sous forme d’informations avant d’être illustrés par des exemples et quelques questions qui amènent le lecteur à s’investir au quotidien comme « Pense aux enfants de ta classe. Y a-t-il un camarade qui n’a pas l’air d’aller bien ? Peux-tu faire quelque chose pour l’aider ? », « Quels petits gestes peux-tu faire chaque jour pour protéger la planète ? »… D’autres questions sont beaucoup plus larges et complexes (« A-t-on avis pourquoi y a-t-il encore des guerres ? »), et les explications mêmes sont sources de discussions.
Résister, ça passe aussi par une éducation à la paix, et ce livre contribue à trouver les moyens d’en parler avec les enfants.
Marianne Baby
