Place importante des activités expérimentales
Les principes de l’enseignement des sciences et de la technologique « est indispensable pour préparer les élèves à leur vie de citoyen », peut-on lire en introduction des 18 pages du programme. Les enseignants de technologie apprécieront l’importance de leur discipline qui a vu sa disparition à la rentrée 2023 à la faveur des groupes de niveaux. La technologie ne reviendra pas en 6e et la partie « Les objets techniques au cœur de la société » sera enseignée en CM1 et CM2 avec de moindres conditions matérielles. « Au cycle 3, les élèves sont initiés à la démarche technologique, dont l’apprentissage est approfondi au cycle 4 », écrivent les auteurs.
Au-delà des contenus, le programme vise à développer « une rigueur et une grille de lecture pour porter sur le monde un regard critique », « susciter des vocations » et « développer la curiosité ». Conceptualisation et modélisation sont annoncées dans les principes du programme.
Comme au cycle 2, l’étude du réel est mise en avant. « C’est en réalisant des activités expérimentales que les élèves découvrent les notions de reproductibilité et de variabilité des mesures ». Un mini-laboratoire ou une salle dédiée seront nécessaires dans les écoles primaires pour accumuler le matériel. Au collège, depuis la disparition officielle des horaires de demi-groupes, jusqu’alors précisés dans le BO, les conditions de TP sont moins favorables aux élèves et aux enseignant.es…
La réalisation de maquette est vivement encouragée ainsi que « la mise en activité authentique des élèves, à travers des travaux pratiques permettant l’observation et la manipulation ». La réalisation de croquis, de schéma et d’affiches pédagogiques sont aussi stipulées sans oublier les tableaux et graphiques.
Comme au cycle 2, l’enseignement des sciences doit prendre sa part pour ne pas reproduire les stéréotypes de genre. « La mise en avant du travail et des jeunes réalisations de femmes scientifiques » est précisée. Les eenseignan.tes retrouveront la structure du programme du cycle 2 avec les quatre domaines ainsi que les tableaux à deux colonnes : d’un côté les objectifs d’apprentissage et de l’autre les propositions de démarches et d’activités. Les compétences travaillées et les domaines du socle ne sont plus indiquées comme dans la version de 2023. La liberté pédagogique est maintenue : « Les propositions de démarches et d’activités sont ouvertes et non prescriptives. Les professeurs ont la possibilité de proposer d’autres démarches ou activités permettant d’atteindre les objectifs d’apprentissage ».
La matière, les mouvements et les signaux
En CM1, les écoliers étudieront les ombres, les mélanges ainsi que la mesure d’une masse et d’une distance. L’utilisation de balance, de tamis, de filtre mais aussi de chronomètres sont préconisées.
En CM2, le programme officiel de ce domaine engage les écoliers à découvrir les propriétés macroscopiques de la matière. Ebullition, évaporation mais aussi liquéfaction sont à découvrir à travers des expériences simples et bien décrites dans le BO.
Pour les types de mouvements, l’enseignant.e pourra se procurer des yoyos ou une toupie. Une maquette du système solaire est aussi un possible concernant les distances et dimensions relatives de la Terre et du Soleil. La fin de l’école primaire sera l’occasion de réalisation des circuits électriques et repérer générateur, matériaux isolants ou encore une ampoule.
En 6e, les contenus sont plus conséquents mais reviennent aussi sur les mêmes thématiques. Il s’agira par exemple de mesurer un volume de gaz ou encore étudier l’alternance des saisons en lien avec l’astronomie.
Les êtres vivants dans leur environnement
Pas de grande révolution pour cette nouvelle mouture pour les professeur.es des écoles et de SVT. Ce domaine est découpé en 4 parties : unité et diversité du vivant ; reproduction, croissance et développement, les écosystèmes et enfin la Terre, une planète active.
La progressivité de la construction de la notion d’espèce est mise en avant. Les eenseignan.es devront « dépasser une conception fixiste du vivant », en évoquant la classification des espèces, leur lien de parenté ainsi que la biodiversité du passé. Cette dernière est l’occasion « de distinguer les savoirs scientifiques, qui reposent sur des faits éprouvés, des croyances ou de la simple opinion ».
En CM1, les écoliers s’attarderont sur les modes de reproduction ovipare et vivipare des animaux. Sur la partie écosystèmes, des activités sur des aires terrestres et marines éducatives font partie des possibles.
« L’élève connait les caractéristiques fondamentales de la cellule : membrane, cytoplasme, paroi et noyau, suivant les types cellulaires ». La distinction paroi et membrane plasmique n’était jusqu’alors pas distinguée. Concernant la classification d’espèces à partir de collections d’espèces, les collégiens devront utiliser les bases de données numériques, lire et interpréter des arbres de parentés simples. « Qui est plus proche de qui ? »
La notion de variation héréditaire est aussi un des objectifs d’apprentissage. Parmi les activités, le dessin d’observation est encouragé avec la dissection florale ou l’observation cellulaire. Il est clairement indiqué d’établir le lien entre insecticide et pollinisateurs.
Les « classiques de 6e » restent dans le BO tels les décomposeurs du sol, la mauvaise saison ou encore la transformation de la fleur au fruit. Les enseignants de SVT pourront aussi mobiliser les enseignants de technologie (volontaires ?) pour « concevoir un nichoir, une mangeoire, un hôtel à insecte ».
Le corps humain et la santé
Le thème, déjà bien implanté au cycle 4 et au lycée, est désormais ancré dès le plus jeune âge. 3 sous-parties sont visibles : le cerveau, la reproduction humaine et l’alimentation humaine. Concernant le cerveau, un des objectifs, non caché, est « d’amener les élèves à identifier des stratégues favorisant l’attention et la mémorisation, en lien direct avec leur vécu d’élèves et leurs apprentissages quotidiens ».
Dès le CM1, les imageries cérébrales et les zones du cerveau seront étudiées. Les signes de la puberté y sont aussi au programme, sans les organes reproducteurs qui attendront le CM2. La définition des menstruations est clairement indiquée dans le BO et sera fléchée pour la classe de CM2 ; tandis que les premières éjaculations seront abordées en 6e.
Les besoins alimentaires et la nutrition humaine seront étudiés en CM2 : dépense énergétique, mastication, circulation sanguine et activité physique. Comme toujours, la fermentation et l’étude des microorganismes au microscope attendront le collège.
Les objets techniques au cœur de la société
Cette partie ne sera évidemment pas traitée en technologie au cycle 3, faute d’heures. En CM1, les professeur.es des écoles feront travailler leurs élèves sur des algorithmes et la programmation. Ils pourront par exemple, donner des instructions à un robot pour qu’il se déplace. En CM2, il s’agira de tester et de modifier un programme par essai-erreur. L’étude de la résistance des matériaux et surtout la conception d’une maquette sont aussi attendues.
Julien Cabioch
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Les nouveaux programmes de sciences au cycle 2 : ce qui sera enseigné en CP, CE1 et CE2
