« Nous n’attendrons pas 2027 pour faire entendre notre voix : la revalorisation doit commencer dès le budget 2027 » déclare la secrétaire générale du SNES-FSU à la veille de la mobilisation intersyndicale du 29 septembre, elle-même à la veille des débats à l’assemblée sur le budget 2027. Revalorisation sans contrepartie, augmentation de 20 % de la valeur du point d’indice, mécanisme d’indexation de la valeur du point d’indice sur les prix, fusion de la Classe normale avec la Hors-classe, accès généralisé à la Classe exceptionnelle : tour d’horizon des revendications et propositions.
Pourquoi une grève sur le sujet de la rémunération ?
Cela fait plusieurs années que nous mettons la question des rémunérations au coeur de nos campagnes, mais souvent davantage pour dénoncer des mesures qui n’avaient rien d’une revalorisation (notre campagne #NonAuPacte) ou qui venaient encore baisser notre rémunération (la grève contre les 3 jours de carence le 5 décembre 2024 qui a d’ailleurs été un succès puisque cette mesure a été retirée). Plus les années passent, plus la situation salariale devient insupportable en matière de rémunération. La faiblesse des salaires est aussi une des causes directes d’une rentrée placée encore une fois sous le signe de la pénurie de personnels.
Et pourtant, le gouvernement s’entête à ne pas revaloriser les fonctionnaires, notamment dans l’Education nationale. L’an dernier, nous avions organisé des mobilisations sur la question du budget dès le mois de septembre, qui avaient permis de mettre la question du partage des richesses au coeur de débats, de gagner la bataille des idées sur le caractère finançable de nos revendications. Cette année, entre l’entêtement du gouvernement, le contexte économique, le début du débat budgétaire, l’approche de la présidentielle, nous avons considéré que c’était le moment, quelques semaines après la rentrée, pour organiser cette mobilisation sur les salaires.
Les chiffres du décrochage salarial sont vertigineux depuis des décennies. Quelle hausse revendiquez-vous dans un budget 2027 qui s’annonce d’ores et déjà insuffisant et qui s’accompagne de l’annonce de la poursuite du gel d’indice ?
Aujourd’hui, plus personne ne nie que les professions de l’Education nationale sont mal payées. C’est, en creux, le miroir du bilan catastrophique d’Emmanuel Macron, personne ne peut passer à côté de cette réalité et sans doute aussi, que nos campagnes d’opinion sur le sujet ont fini par imprimer dans l’opinion publique. Au SNES-FSU, on revendique notamment une augmentation de 20 % de la valeur du point d’indice, un mécanisme d’indexation de la valeur du point d’indice sur les prix, mais aussi la fusion de la Classe normale avec la Hors-classe et l’accès généralisé à la Classe exceptionnelle.
Certes, les premières annonces budgétaires du gouvernement tournent le dos à l’impératif de revalorisation des fonctionnaires. Mais nous ne sommes qu’au début des discussions budgétaires. La grève du 29 septembre est placée la veille de la présentation du budget par Sébastien Lecornu. C’est un moyen d’engager le rapport de force. Puis, les discussions parlementaires vont commencer. Une grève réussie le 29 septembre sera un puissant message au gouvernement et aux parlementaires : il serait inconcevable et même irresponsable que le budget 2027 ne comporte aucune mesure de revalorisation. Nous n’attendrons pas 2027 pour faire entendre notre voix : la revalorisation doit commencer dès le budget 2027.
Quel plan à long terme proposez-vous, côté SNES-FSU mais aussi dans le cadre de l’intersyndicale ?
En matière de revendications, le SNES-FSU combine mesures d’urgence et mesures plus structurelles, comme par exemple la reconstruction des grilles indiciaires. Cette revalorisation devra se faire sans contreparties contrairement aux élucubrations de certains candidats à la présidentielle. Les catégories ne doivent pas être oubliées (un statut pour les AESH, une grille de rémunération nationale pour les AED et un plan de titularisation pour les non titulaires, encore plus indispensable dans le contexte de rentrée où beaucoup ont été remerciés sans ménagement).
Cette journée de grève se fait dans un cadre unitaire, c’est un signal important pour la profession mais aussi pour nos interlocuteurs au gouvernement. L’interpro se réunira dès le 1er octobre et nous poursuivrons les échanges au sein de l’intersyndicale éducation.
Pour le SNES-FSU, il est évident qu’il faudra plus qu’une journée pour gagner les premiers jalons de la revalorisation. Il nous faudra d’autres temps forts de mobilisations, y compris sur plusieurs jours. Et pour cela, nous devons réussir la première étape qu’est la grève du 29 septembre.
Propos recueillis par Djéhanne Gani
