Tant que la recherche d’information se limitait à un ensemble fini de documents, ce travail pouvait se formaliser assez simplement. Même sur de très grandes sources de documents, on pouvait quand même s’y retrouver. Il est vrai qu’on a pu s’inquiéter en lisant des informations sur des disparitions suspectes de documents dans de grandes bibliothèques. Même dans un espace physiquement déterminé, il y avait de la perte. On imagine donc que la recherche d’information peut se trouver contrariée par ces disparitions intempestives. D’ailleurs les CDI et les bibliothèques sont appelés à faire des inventaires réguliers pour éviter cette évolution des fonds. C’est l’an 1 de l’informatique documentaire qui a permis d’apporter une amélioration sur deux points : d’une part la gestion des ressources, du coté des bibliothécaires et documentalistes, d’autre part une facilité d’accès pour l’usager qui est passé des fiches carton à l’interrogation de bases de données informatisées. On le sait et on continue de le vivre, l’informatisation des fonds documentaires a été une révolution pour leur gestion dynamique, en temps réel. Même si cela n’empêche pas des disparitions inexplicables, cela favorise l’usage quotidien.
Revenons aux débuts de cette histoire lorsque, au début es années 1980, le monde scolaire « s’éveille » à l’informatique. D’un coté l’enseignement professionnel, en particulier tertiaire dès les années 1975, de l’autre l’enseignement général et ses fameux nanoréseaux installés à partir de 1980. Les matériels disponibles ont longtemps constitué une contrainte pour les locaux. Leur poids, leur taille, les contraintes techniques liées aux composants et à la sécurité ont pesé lourd dans les premières implantations et pourtant le modèle canonique avait vite et mis de coté. En effet le modèle recommandé des salles bureautiques des années 1980 était basé sur l’idée d’activités mixtes dans la même salle : travail sur poste, travail individuel sur papier et travail de groupe par ilots. Mais dans le même temps, la fin des salles d’apprentissage de la frappe clavier (la dactylographie) sur machine à écrire laissait perdurer des salles à l’ancienne. Avec les nanoréseaux, difficile de mettre une salle en rangées. La quantité de fils qui reliaient les ordinateurs en réseau (oui déjà !), la gestion de l’alimentation électrique, les machines elles-mêmes imposaient une disposition en U sur les murs de la salle ou légèrement en avant.
Pour analyser les choses de manière plus large, il faut poser la question de la diffusion de l’information d’un établissement vers le monde extérieur, ainsi que la gestion de la communication. Tant que les Environnements Numériques de Travail (de toutes sortes) n’ont pas été déployés ainsi que les applications d’accompagnement (notes en ligne, cahier de texte, etc…) il n’y avait, la plupart du temps, que le site web de l’établissement pour afficher l’information. La messagerie électronique, encore peu utilisée pour communiquer était l’autre outil phare. Dès le début des années 2000 des établissements ont vu apparaître les CMS (Content Management System, comme spip, drupal etc…) avec intérêt car ils facilitaient la mise en place d’un site web, et apportaient des fonctions de communication complémentaires. Ainsi la conception d’un site d’établissement était une chose, sa mise à jour en devenait une autre. En effet des personnels non informaticiens (au moins pour la maîtrise du HTML et du FTP) pouvaient participer de manière importante à la vie du site en y ajoutant des informations, en la structurant même dans certains cas. L’arrivée des LMS (Learning Management System), outils d’abord destinés à la formation ouverte et/ou à distance (on dirait hybride aujourd’hui), on a vu émerger d’autres possibilités dont se sont emparés certains établissements. |
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