Un sujet complexe
Thierry Beaudet, président du CESE, souligne que « le sujet des temps de l’enfant touche à l’organisation de la vie familiale, à l’éducation, à l’épanouissement des plus jeunes et à l’équilibre des temps sociaux ». Il rappelle aussi la complexité du dossier, déjà abordé à plusieurs reprises, mais sans solutions concrètes jusqu’à présent : « Ce sujet mérite une grande exigence démocratique et un dialogue profond, nourri par la diversité des vécus et des sensibilités. »
Une démarche participative et représentative
Répartis sur sept sessions entre juin et novembre 2025, les 130 citoyens se réuniront au CESE pour débattre, échanger et construire des propositions. Parmi eux, un panel de 20 jeunes âgés de 12 à 17 ans participera également à une session dédiée à la rentrée, afin de partager expériences et attentes. En parallèle, enseignants, chefs d’établissement, parents, élus locaux, associations, experts médico-sociaux et économiques seront associés aux travaux, assurant un croisement des regards et des expertises.
Des thèmes variés et des enjeux multiples
Les discussions porteront sur de nombreux sujets : le temps passé devant les écrans, l’accès à la culture et au sport, le transport scolaire, notamment en zones rurales. La convention se concentrera sur les 3-18 ans, excluant pour cette fois la petite enfance. Les défis à relever sont nombreux : en France, un enfant sur dix ne part pas en vacances, la moitié des lycéens se disent en mauvaise santé mentale, et les performances scolaires chutent dans les classements internationaux.
Cette nouvelle convention parviendra-t-elle à apaiser les tensions persistantes dans le monde enseignant dans un contexte de crises ? il y a de quoi douter. Le Snes-FSU dénonce une « diversion présidentielle face aux urgences » déconnectée des priorités de l’Éducation nationale.
Parmi les sujets sensibles, la durée des vacances scolaires et de la semaine d’école reste des points de blocage. La réforme de 2013-2014, qui imposait la semaine de quatre jours et demi, avait rapidement été abandonnée par la majorité des communes dès 2017. « Le temps passé à l’école représente environ un tiers du temps annuel des enfants, mais il ne faut pas oublier tous les autres temps de vie, qui jouent un rôle crucial », rappelle Kenza Occansey.
Conscient des limites de l’exercice, Thierry Beaudet, président du CESE, appelle à la prudence : « La convention ne résoudra pas tout, mais elle peut lancer des expérimentations ambitieuses et ouvrir une dynamique nouvelle. »
Diversion présidentielle
Cette initiative suscite déjà des réactions dans le monde de l’éducation. Le Snes-FSU, principal syndicat du secondaire, se montre sceptique, tant le sujet est loin des urgences de l’Éducation nationale.
Pour Thierry Beaudet, si la convention ne résoudra pas instantanément toutes les problématiques, elle peut être un levier important : « Nous pouvons espérer que ces débats aboutissent à des expérimentations d’ampleur et créent une dynamique de changement. » Kenza Occansey, vice-président du CESE et président du comité de gouvernance de la convention, affiche aussi sa confiance dans la démarche : « Nous avons confiance dans la méthode et dans les citoyens pour faire bouger les lignes. »
Le sujet du rythme de l’enfant touche au cœur de l’organisation de l’Ecole et de la société : 10 ans après, la situation s’est dégradée, comment sera vue et traitée la question délicate de la semaine de 4 ou 5 jours, notamment côté personnels de l’Éducation nationale, dans une école traversée par les crises et des réformes successives imposées ? Suspense… ou pas !
Djéhanne Gani
