En ce jour de rentrée, Yannick Trigance rappelle que les écoles françaises détiennent le record des effectifs d’élèves. Alors que le budget 2026, le nombre de postes est au cœur de l’attention, au vu des besoins et de l’état de l’école, le conseiller régional cite la note de l’IPP « le maintien des effectifs enseignants permettrait une réduction progressive de la taille des classes avec des bénéfices supérieurs au coût budgétaire à long terme ». Pour lui, c’est « simple, basique : en maintenant les effectifs enseignants – donc sans dépense nouvelle – les classes de nos écoles passeraient en moyenne de 22,4 élèves à 18,2 entre 2024 et 2034. »
En cette nouvelle année scolaire, et à rebours des sempiternels discours ministériels sur les 44 milliards d’économies à réaliser, sur une « année blanche » synonyme de régression de nos services publics, sur le non-remplacement d’un fonctionnaire sur trois, rappelons une évidence au risque de déplaire à toute une frange réactionnaire prompte à démanteler l’école publique sur le thème ressassé d’une école qui « coûte trop cher » : la baisse des effectifs scolaires constitue une formidable opportunité pour diminuer le nombre d’élèves par classe et pour améliorer ainsi les conditions de travail des élèves et de leurs enseignants, gage d’une meilleure réussite et d’un système éducatif plus efficient.
Débutée en 2022, cette baisse des effectifs atteindra 400 000 élèves dans le premier degré et 100 000 élèves dans le second degré en 2027 pour finalement baisser de 1,7 millions le nombre d’écoliers en 2035 si cette tendance se poursuit, soit une diminution de 25 % des effectifs scolaires quand dans le même temps une récente étude de l’Institut des Politiques publiques – IPP – révèle que les effectifs du premier degré ont déjà diminué de 8 % entre 2015 et 2024.
Alors que notre pays possède les classes les plus chargées d’Europe avec 21 élèves par classe dans le premier degré – 19 en moyenne dans l’Union européeenne – et 26 élèves dans le second degré – 21 en moyenne dans l’Union européenne -, on mesure l’enjeu politique que constitue une situation qui renvoie très directement à un véritable choix de société : diminuer le nombre d’élèves par classe ou … supprimer des postes d’enseignants.
Les partisans – ils sont nombreux – des suppressions de postes ont fait leur calcul : à encadrement constant, la baisse démographique permettrait la suppression de 53 000 postes d’ici à 10 ans, soit pratiquement 3,5 milliards d’euros de dépenses en moins comme l’indique l’étude de l’IPP mentionnée plus haut…
Et les mesures d’austérité annoncées récemment par le premier ministre vont dans le sens d’une énième dégradation de notre école : pour exemple, comment ne pas imaginer que le non-remplacement d’un fonctionnaire sur trois impactera lourdement l’éducation nationale quand on sait que sur les 700 00 professeurs de l’enseignement public – soit 30 % de la fonction publique d’État – 330 000 d’entre eux partiront en retraite entre 2019 et 2030 selon une étude du ministère du travail ?
La tentation est forte pour les grands argentiers de Bercy quand bien même ce calcul à court terme se révèle bien néfaste pour notre pays. Car toujours selon l’étude de l’IPP, cette option des suppressions de postes, outre le fait qu’elle priverait les élèves des avantages liés à des classes moins chargées, aurait un coût économique particulièrement néfaste à long terme en privant notre économie de 2,3 milliards d’euros de recettes fiscales potentiellement générées par des élèves devenus adultes en situation de réussite et aux revenus salariaux évalués alors à 4,3 milliards d’euros .
Plus concrètement encore, l’étude de l’IPP indique qu’en 2034, « chaque euro net économisé sur le budget de l’Education nationale se traduirait par une perte économique 9 fois supérieure. Et inversement pour le maintien des professeurs qui rapporterait 9 fois la mise ».
L’autre alternative – celle qui consiste à maintenir les postes d’enseignants – s’appuie sur une double réalité : malgré les dédoublements mis en place en éducation prioritaire, la France détient encore à ce jour le triste record des classes les plus chargées et notre pays investit 19 % de moins que les autres pays de l’OCDE dans le premier degré dont on connaît pourtant l’importance dans le parcours scolaire des élèves.
Simple, basique : en maintenant les effectifs enseignants – donc sans dépense nouvelle – les classes de nos écoles passeraient en moyenne de 22,4 élèves à 18,2 entre 2024 et 2034. L’impact de l’allègement des effectifs sur les conditions de travail et la réussite des élèves est connu et comme l’indique l’étude de l’IPP, « le maintien des effectifs enseignants permettrait une réduction progressive de la taille des classes avec des bénéfices supérieurs au coût budgétaire à long terme ».
Cessons donc de considérer les dépenses d’éducation sous le seul angle du « coût » et osons affirmer qu’il s’agit d’abord et avant tout d’un investissement : un investissement dans notre jeunesse et par là même un investissement dans l’avenir de notre pays, dans sa richesse et dans sa bonne santé économique car oui, plus une nation est éduquée, plus elle est forte et plus sa place est alors consolidée dans un monde toujours plus instable et complexe.
Adultes de demain, les élèves d’aujourd’hui doivent être placés au coeur d’un projet qui devrait défier toutes les considérations budgétaires de court terme pour privilégier un avenir dans une société où chaque jeune, grâce à l’école, pourra choisir son destin.
Car l’école est le creuset de la société future et les choix politiques pour la façonner se décident maintenant.
Yannick Trigance
Conseiller régional PS
