Après 1277 jours d’incarcération en Iran dans des conditions effroyables, Cécile Kohler, professeure de lettres, et Jacques Paris, son compagnon, professeur de mathématiques à la retraite, enfin libres, sont désormais « en route pour l’ambassade de France à Téhéran » annonce le Président de la République Emmanuel Macron sur X (anciennement Twitter). Pour l’instant assigné à résidence dans l’ambassade, le couple n’est pas encore autorisé à quitter le pays, mais il s’agit d’une « première étape » significative, et le soulagement est immense.
Parti·es en Iran pendant les vacances de printemps 2022 pour visiter le pays, iels avaient été arrêté·es le 7 mai pour espionnage, et incarcéré·es, d’abord dans la prison d’Evin, puis, depuis les bombardements de juin 2025, dans un lieu de détention tenu secret.
Otages de la République Islamique d’Iran, privé·es d’avocats indépendants, de visites consulaires et de toute possiblité de communiquer librement avec leur ambassade, iels avaient été condamné·es, le 14 octobre dernier, Cécile à 20 ans de réclusion, et Jacques à 17 ans.
Autorisé·es à appeler leurs familles pour leur annoncer cette condamnation, tous deux étaient apparu·es dans un état de désespoir et de souffrance qui marquait pour leurs proches un tournant, leur faisant craindre le pire. « Pour la première fois, de façon explicite, Cécile et Jacques nous ont avertis sans équivoque qu’ils étaient arrivés au bout de ce qu’ils pouvaient endurer et que 3 mois, 2 mois, 1 mois, quelques semaines de plus étaient au-delà de leurs forces ».
Depuis trois ans et demi, du 7 mai 2022 au 4 novembre 2025, le comité de soutien « Liberté pour Cécile » s’est mobilisé sans relâche pour qu’on ne les oublie pas. Il aura fallu 1277 jours pour les faire sortir de l’enfer des geôles iraniennes.
Depuis le début de l’année 2025, au moins 612 personnes ont été condamnées à mort, et exécutées, en Iran, dont pas moins de 43 femmes.
Claire Berest
