« Un contournement de la laïcité »
Selon la FCPE 66, cette initiative constitue « un acte contraire à la laïcité », et un accompagnement municipal vers un établissement privé, situé hors du secteur scolaire de Saleilles ce que regrette également Marc Zarcone, président de la FCPE du collège Cabestany. L’association y voit un contournement délibéré de la carte scolaire, à trois mois des élections municipales. La FCPE déplore les attaques contre l’école publique et la laïcité, et alerte les élus sur leurs responsabilités dans le respect des principes républicains.
La FCPE 66 rappelle que les inégalités entre enseignement public et privé ne se limitent pas aux profils socio-économiques des élèves. L’association dénonce également « un financement public massif des établissements privés ». Elle cite plusieurs exemples dans les Pyrénées-Orientales : Collège privé Saint-Louis-de-Gonzague, près de 215 000 € pour 1 111 élèves, et environ 200 000 € pour 1 099 élèves pour le collège public Moreto (Thuir) ; 123 249 € pour l’établissement privé de 634 élèves le Cours Maintenon, et 84 639 € pour les 636 élèves Collège public Jules-Verne (Le Soler).
Usage du bulletin municipal critiqué
Selon Rémy Landri, le sondage diffusé à Saleilles répondrait davantage à un objectif électoral qu’à un besoin réel des familles : « On voit bien que ce questionnaire sert à parler à une partie de l’électorat et à contourner la mixité et la carte scolaire à trois mois des municipales. » L’association s’inquiète également du fait qu’un tel questionnaire pourrait préparer la création d’une ligne de transport scolaire dédiée à l’établissement privé, financée par l’argent public.
La FCPE rappelle que le bulletin municipal est financé par la collectivité et ne doit pas servir à promouvoir un établissement privé, au risque de constituer un détournement de fonds publics. Elle alerte également sur le fait qu’une nouvelle ligne de transport scolaire, si elle devait être mise en place, serait, elle aussi, financée sur fonds publics.
Un territoire marqué par la pauvreté et une faible mixité
Dans un département où 32 % de la population de Perpignan vit sous le seuil de pauvreté, et où plusieurs écoles affichent parmi les plus faibles IPS de France, la FCPE juge particulièrement choquant que certains élus valorisent régulièrement l’enseignement privé, parfois « par des informations diffusées en catimini ».
Djéhanne Gani
