Cette annonce met fin à plusieurs jours de flottement après une première communication confuse. Elle intervient dans un contexte judiciaire lourd : près de 250 plaintes pour des faits commis entre la fin des années 1950 et le début des années 2000ont été déposées par d’anciens élèves auprès du parquet de Pau. Une enquête judiciaire est ouverte depuis 2024.
Un site « qui blesse et a blessé »
« Nous souhaitons fermer le site, c’est notre objectif, mais pas dans n’importe quelles conditions » a déclaré Guillaume Prévost. « L’Enseignement Catholique entend assumer toutes ses responsabilités, pour le passé, pour le présent et l’avenir » a-t-il notifié.
Le secrétaire général de l’Enseignement catholique, a insisté sur la portée de cette décision. « Nous avons une immense responsabilité », a-t-il déclaré, avant de préciser que la fermeture du site ne pouvait se faire sans garanties solides pour l’avenir. « Pour que le site puisse fermer, nous devons donner les conditions du transfert de l’établissement, afin de permettre aux personnels, aux familles et aux enfants de se projeter sereinement » explique-t-il. Le site du collège et de l’internat appartient à la congrégation des pères de Bétharram.
Pierre-Vincent Guéret, président de la Fédération des organismes de gestion de l’Enseignement catholique (FNOGEC), a souligné la dimension symbolique du lieu :
« Le site actuel est un symbole que l’on doit quitter. La volonté profonde est de fermer ce site qui blesse et a blessé, tout en permettant à la communauté éducative de continuer à travailler. »
Un projet de transfert encore à construire à Igon
Le futur projet s’articulera autour du site de Beau Rameau, à Igon situé à 4,3 km de Betharram. Il prévoit l’intégration du collège aux structures existantes, qui comprennent déjà une école primaire et un lycée professionnel. Le collège accueille environ 160 élèves, soit une quarantaine par niveau. L’internat compte actuellement onze internes, pour lesquels il faudra créer autant de chambres. Les activités sportives devront également être prises en compte, avec la construction d’un gymnase. La question de la restauration est aussi évoquée, le site de Bétharram disposant aujourd’hui d’une cuisine centrale. Ces différents chantiers nécessitent une ingénierie opérationnelle importante, souligne le Secrétariat de l’Enseignement catholique. Leur coût est estimé à environ deux millions d’euros.
Un calendrier encore incertain
« Le Beau Rameau n’est pas Bétharram, Bétharram n’est pas Beau rameau » ont précisé les responsables, soucieux de rassurer. L’objectif pour la prochaine rentrée est aussi de stabiliser les effectifs. Le collège devrait compter environ 180 élèves, avec trois classes par niveau. Le site d’Igon regroupera au total plus de 400 élèves, répartis entre l’école primaire, le collège, le lycée général, le lycée professionnel et les formations BTS et CAP.
Tout au long de la conférence de presse, deux mots ont été martelés par le Secrétaire Général de l’Enseignement catholique : responsabilité et confiance. « Ce qu’il faut renvoyer aux oubliettes de l’Histoire, ce sont les pratiques », a insisté le président du FNOGEC, ce que personne ne contredira, des pratiques dont « Bétharram » est devenu le nom.
Djéhanne Gani
Bétharram et commission d’enquête : le dossier du Café pédagogique
