Le raisonnement demeure un problème
Avec près de 4 millions d’élèves évalués, il fallait bien en ressortir quelque chose de tous ces datas récoltés dans les écoles françaises. 32 000 écoles publiques et privées sous contrat étaient concernées en septembre 2025 par ces tests standardisés hérités de l’ère Blanquer. Pour les mathématiques, la DEPP dresse un bilan de 4 pages. « Le domaine de l’écriture des nombres entiers est le mieux réussi quel que soit le niveau de scolarisation », se réjouit le Ministère. « Les évaluations les moins bien réussies sont la résolution de problèmes du CP au CE2 et les automatismes de calcul (mémorisation de faits numériques et de procédures) en CM1 et CM2 ».
Les résultats sont globalement stables en rappelant tout de même que les exercices de tests demandés sont les mêmes entre 2024 et 2025. « En 2025, les exercices proposés aux élèves étaient identiques à ceux de 2024 pour tous les niveaux évalués, ce qui permet d’observer l’évolution des résultats ». Ou alors le bachotage fait son effet d’une année sur l’autre. Peut-on vraiment se réjouir d’une stabilité ou d’une hausse de certaines compétences par ci par là ? D’après ces résultats, les élèves de CP progressent davantage que les autres sur plusieurs aspects.
Le niveau des garçons dépasse celui des filles après le CP
« À partir du CE1, les garçons ont de meilleures performances que les filles, hormis pour « calculer mentalement » et « reproduire un assemblage » en CE1 et « poser et calculer » en CE2 et CM1 », souligne la DEPP. Ces écarts ne sont pas nouveaux et s’accentuent dès le CE1 à la faveur des garçons. Comme déjà évoqué, dans cet article du Café pédagogique, la façon d’enseigner les mathématiques influence grandement les résultats notamment les défis avec une question de rapidité. Ainsi dans les tests 2025, sans surprise, les épreuves chronométrées comme la mémorisation des procédures ou encore placer les nombres sur une ligne graduée engendrent des écarts importants entre les filles et les garçons en élémentaire. Alors qu’un an avant en CP, « les filles ont des performances légèrement supérieures à celles des garçons, avec des écarts variant de 0,5 à 3,8 points ». Il est notable que les deux sexes ont le même résultat concernant la pose de l’opération et le calcul.
Les enfants des zones rurales plus logiques ?
La DEPP prévient quand même que « les différences observées entre le public hors EP et l’éducation prioritaire sont à relativiser en raison du profil social en moyenne moins favorisé des élèves scolarisés en éducation prioritaire ». Il est à noter que les résultats du privé sous contrat sont mêlés à ceux du public hors éducation prioritaire.
Difficile de s’y retrouver avec de nombreux aspects positifs ou non selon les années. Par exemple, d’un côté la note relève « qu’entre 2024 et 2025, les écarts de performance entre les élèves scolarisés hors éducation prioritaire et ceux en EP sont en légère hausse pour quatre des six compétences évaluées en CM2 ». Mais d’un autre côté « entre 2019 et 2025, en CP et en CE1, les écarts de performance entre les élèves scolarisés hors EP et en REP+ se réduisent sensiblement pour trois compétences ».
La surprise vient peut-être des écoles rurales. À niveau social équivalent, la compétence « résoudre des problèmes » est mieux réussie par les élèves scolarisés dans des communes rurales. « L’écart de taux de maîtrise satisfaisante varie de 6,9 points pour le CE2 à 13,4 points pour le CP, au bénéfice des élèves scolarisés dans des communes rurales ». Ainsi les « ruraux » savent davantage raisonner… La note ne dresse pas d’hypothèses pouvant expliquer cet écart. Une question de mixité ?
Djéhanne Gani
Evrard L., Giraudeau-Barthet H., Loi M., Mathieu M., Mellet C., Rojas Rubio L., Bourgeois C., Conceicao P., Desclaux J., Magnino L., Le Breton S., DEPP-B5, 2026, « Les résultats 2025 des évaluations Repères à l’école élémentaire en mathématiques », Note d’Information, n° 26-19, DEPP.
