« Les manufestations ont été une immense démonstration de la force des mouvements en cours. Les organisations syndicales du Finistère CGT Éduc’action, CGT Enseignement privé, FNEC FP FO, FSU, SUD Éducation, SUNDEP, UNSA Éducation, appellent à poursuivre et à amplifier cette dynamique », écrit l’intersyndicale, dans un communiqué, ce mercredi 7 octobre 2026. Les organisations syndicales ont salué, mercredi 7 octobre lors d’une conférence de presse, la réussite de la journée de la veille. « Cette journée a permis aux élèves d’exprimer, de faire valoir leur droit à manifester, à s’exprimer », ont-elles souligné. Elles notent aussi que les revendications des personnels recoupent « très largement » celles des lycéens.
Un appel commun à soutenir les élèves
Les organisations lycéennes ayant décidé de poursuivre la mobilisation jeudi 8 octobre, les six organisations syndicales appellent, dans un communiqué commun, « à soutenir et entendre les revendications lycéennes pour de meilleures conditions d’études et davantage d’égalité ». Elles invitent les collègues à « se saisir des possibilités de mobilisation le 8 octobre, y compris par la grève », dans le respect de l’indépendance du mouvement lycéen. Pour la FSU, le SNES et le SNEP appellent à être « aux côtés des élèves par la manifestation et par la grève ». Le syndicat Se-UNSA plaide pour que la parole des jeunes soit prise au sérieux : « Leur parole ne doit pas être disqualifiée. Leur parole ne doit pas être caricaturée. Elle doit être entendue. » Le syndicat pointe aussi une inégalité : « Les lycées publics étaient fermés, mais pas les lycées privés », établissements « mieux dotés que le public ».
Une réponse gouvernementale jugée « hors-sol »
Sophie Vénétitay, porte-voix de l’ensemble des syndicats relève « un vent de précipitation » qui trahit « une très grande fébrilité » de l’exécutif « face à un mouvement qui monte en puissance ». Le Snes- FSU parle de « réponses tardives, décalées, hors-sol ». La lettre de Sébastien Lecornu, diffusée dimanche soir, est largement critiquée. Pour l’intersyndicale, elle « montre une profonde méconnaissance de notre système éducatif » et fait peser « quasi exclusivement sur les personnels en place » la résolution de la crise. Sur les remplacements, le Premier ministre promet des améliorations sans jamais évoquer le budget nécessaire. « État du bâti, inégalités, sélection pour l’accès aux études supérieures, professeur·es non remplacé·es, emplois du temps intenables… c’est pourtant bien au gouvernement d’apporter des réponses qui sont d’abord budgétaires», écrit-elle.
La répression au cœur des critiques
Les syndicats dénoncent de façon unanime la réponse policière. « Le gouvernement fait fausse route : sa seule réponse, c’est la répression », a déclaré un porte-parole de SUD éducation, qui salue une jeunesse qui « tient bon depuis bientôt près de trois semaines » malgré des violences policières « jamais vues dans une mobilisation lycéenne ». FO relie la colère des élèves à l’angoisse de l’avenir : « Chaque année, avec Parcoursup, ce sont des dizaines de milliers de bacheliers qui se voient sans affectation dans le supérieur. » Au moment où le gouvernement « barre l’accès à l’enseignement supérieur », estime le syndicat, « il multiplie les dispositifs de militarisation de l’école ».
Djéhanne Gani
