Par François Jarraud
Ainsi l’article 15 définit le partage des rôles en matière d’orientation : « L’État et les régions ont la charge du service public de l’orientation tout au long de la vie. L’Etat définit, au niveau national, la politique d’orientation des élèves et des étudiants dans les établissements scolaires et établissements d’enseignement supérieur… La région assure les compétences définies à la section V du chapitre IV du titre I du livre deuxième du code de l’éducation. Une convention annuelle conclue entre le président du conseil régional et l’autorité académique définit les conditions dans lesquelles l’Etat et la région coordonnent l’exercice de leurs compétences respectives au niveau régional ». Pour les CoPsys, le texte prévoit que « Lorsqu’ils exercent leurs fonctions dans les centres d’information et d’orientation, les personnels relevant du ministre de l’éducation nationale sont placés sous l’autorité de la région, dans les conditions fixées par une convention conclue entre l’autorité académique et la région ».
Pour la 4ème fois, le Conseil général réunissait samedi 1er décembre les acteurs de l’éducation. Aux cotés des élus, le représentant de l’Etat, pour une fois présent jusqu’au bout lors de ces Rencontres, les associations, les syndicats, les parents, les experts, tous réunis pour faire avancer la cause de l’Ecole dans un département où les attentes sont infiniment plus fortes qu’ailleurs. Dans le 93 le climat a changé. Les Rencontres précédentes étaient marquées par des affrontements. Celles de cette année se sont déroulées dans un climat plus apaisé et soucieux de chercher des issues communes.
La Seine Saint-Denis compte 52% de ses élèves dans des établissements prioritaires. 28% des 15-24 ans sont sans diplôme, seulement 17% ont un diplôme de l’enseignement supérieur. 37% des élèves entrant en 6ème ont des acquis fragiles ou insuffisants en français, 45% en maths. Pire encore, dans ce département seulement 0,7% des moins de trois ans est accueilli en école maternelle, alors que c’est là que cet accueil se justifie le plus. En face de ce bilan scolaire, le Conseil général a lancé un plan d’investissement dans les collèges de 723 millions d’euros : 21 collèges vont être totalement construits ou remis à neufs, soit un établissement sur six. Près de 30 millions sont investis dans le numérique. Le département dépense 8 millions chaque année pour soutenir une cinquantaine de projets pédagogiques. Parmi ceux-ci, citons Odyssée jeunes, un programme d’aide aux voyages qui a bénéficié déjà à 11 000 collégiens. Ou encore le programme ACTE qui supervise l’accueil des élèves exclus de leur collège. Recueillis par des associations, un millier de jeunes en bénéficient chaque année. 80% d’entre eux ne feront plus parler d’eux après le retour au collège. Autrement dit, dans le 93 il y a à la fois une tradition d’intervention plus forte qu’ailleurs, un réseau plus dense qu’ailleurs mais aussi des difficultés à nulle part pareilles…
C’est reconnaitre que l’articulation entre Etat et collectivités territoriales ne va pas de soi. C’est confirmé par Jean-Louis Brison, Dasen du 93. « L’idée qu’une collectivité territoriale puisse apporter une contribution essentielle pour qu’une politique nationale puisse produire ses effets » ne va pas de soi. Daniel Grossain, représentant l’Andev et Serge Pouts Lajus (Education et territoires) justifient l’action locale. « Le projet départemental traite les établissements de façon sérieuse », affirme celui-ci. « L’action locale est pertinente » confirme D Grossain. Mais il rappelle que si les collectivités multiplient les dispositifs, l’effet scolaire est maigre. Le climat s’améliore dans les établissement smais les résultats scolaires changent peu.
Ainsi ces Rencontres attirent l’attention sur des points particulièrement importants. Dans quelle mesure les efforts des collectivités locales peuvent-elles compenser les lacunes de l’Etat ? Les dispositifs peuvent-ils par exemple, suppléer au manque de formation du personnel envoyé par l’Etat ? Comment utiliser au mieux de l’intérêt des élèves les moyens importants débloqués par les collectivités territoriales ? Comment y impliquer les enseignants très attachés au rôle de l’Etat et peu préparés à la IIIème décentralisation ? Des questions dont on n’a pas fini de parler…|
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